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Marion Mourgue

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Proposer une information vérifiée sur la politique française à partir d'analyses personnelles. Articles, photos, vidéos... Autant de manières de revenir sur l'actualité.  Sans m'interdire de mettre en ligne les articles publiés, sur lesquels j'ai aimé travailler.


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Lundi 5 mai 2008

ECLAIRAGE

Nicolas Sarkozy a décidé d'envoyer régulièrement son Premier ministre, François Fillon, à l'étranger.  Un calcul politique, qui dans l'esprit du chef de l'Etat, doit lui permettre d'occuper seul le terrain en France en écartant son principal "collaborateur".

Jeudi et vendredi derniers, François Fillon était à Washington, pour une "visite de travail" centrée principalement sur les questions économiques avec trois rencontres importantes : le patron de la Banque centrale américain (Fed), Ben Bernanke, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson et le dîner de gala du comité des Américains juifs (American Jewish Committee, AJC).

Cette semaine, Fillon se rendra à Malte et Chypre pour préparer la présidence française de l'Union européenne qui commence le 1er juillet prochain. La semaine prochaine, le 16 mai, il représentera le chef de l'Etat à Lima pour un sommet UE-Amérique latine. Un voyage express encore imposé par l'Elysée.

Ces déplacements, loin de ravir le Premier ministre qui rappelle que son agenda n'est pas extensible, pourraient lui être  politiquement bénéfiques. Sarkozy se place lui-même dans le rôle d'un chef de gouvernement concentré sur les questions nationales, laissant de facto à son premier ministre la scène internationale. Une scène internationale bien utile pour se forger une stature de présidentiable.

A trop vouloir écarter Fillon de la scène française, Sarkozy risque donc de le transformer en principal rival politique pour les années à venir.  Le calcul politique du court terme pourrait à long terme se révéler très coûteux pour Nicolas Sarkozy.
par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Dimanche 4 mai 2008

ECLAIRAGE

Le rendez-vous mardi entre Jean-François Copé et Jean-Marc Ayrault, respectivement président du groupe UMP et PS à l'Assemblée nationale, pourrait déboucher sur un accord. Au centre de la discussion: le projet de réforme des institutions souhaité par Nicolas Sarkozy et sur lequel la commission Balladur a planché.

Le gouvernement espère que le texte sera discuté le 20 mai par les députés à l'Assemblée, avant d'être adoptée en juillet par le Parlement réuni, pour l'occasion, en congrès à Versailles. Pour être adopté, le texte doit être approuvé par les trois cinquièmes des suffrages exprimés par les parlementaires présents. Un vote qui n'est pas acquis car à droite comme à gauche, le texte est loin de faire l'unanimité.

Côté UMP: Une partie des députés UMP estime  ne pas pouvoir voter le projet "en l'état".

Premier sujet qui fâche à droite: le référendum sur l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne. Le projet de loi constitutionnelle, s'il était voté, supprimerait l'obligation d'un référendum préalable à tout élargissement de l'UE, comme le prévoit l'article 88-5 de la Constitution. Certains redoutent la réaction de l'électorat de droite.

Les élus UMP dénoncent aussi la suppression d'une déclaration de principe qui figurait dans le projet initial de la commission Balladur: le Parlement "concourt à l'évaluation des politiques publiques". Une mention qui a disparu du projet soumis en Conseil des ministres, le 23 avril dernier. Les élus dénoncent un texte jugé faiblard, loin des promesses présidentielles du candidat Sarkozy, qui devait conduire à un rendorcement des pouvoirs du Parlement.

Enfin, d'autres élus de la majorité critiquent l'encadrement de l'article 49-3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte à l'Assemblée sans vote. Le projet de loi prévoit que le recours au 49-3 est limité aux budgets de l'Etat et de la Sécu.

Côté PS : front uni contre la venue du Président dans l'Hémicycle

Les élus socialistes mettent une condition préalable au vote de ce texte: la suppression de la mention autorisant le chef de l'Etat à venir s'exprimer, une fois par an, devant la représentation populaire. Depuis 1873 et "la constitution de Broglie", les interventions du chef de l'Etat devant les parlementaires ont été codifiées. Le texte avait été décidé à l'époque pour limiter les pouvoirs d'Adolphe Thiers. Les élus socialistes, en 2008, redoutent la même chose avec Nicolas Sarkozy et voient en cette disposition le symbole d'une représidentialisation du régime. Selon le premier secrétaire du PS, François Hollande, "le consensus est possible dès qu'on enlève cette disposition".

Les élus socialistes exigent un décompte du temps d'antenne du président dans le décompte des voix politiques partisanes. Pour le PS, les temps de parole de Nicolas Sarkozy seraient donc à comptabiliser dans ceux de l'UMP.

Les députés du PS souhaitent le renforcement du pouvoir de pouvoir de nomination au Conseil supérieur de la magistrature, au Conseil constitutionnel et au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Ils demandent des « engagements précis et datés » sur la modification du mode de scrutin des sénateurs et réclamrent l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives.

Les désaccords - nombreux dans chaque camp - pourraient paradoxamelent permettre l'établissement d'un compromis entre l'UMP et le PS. Tous unanimes sur un point: la nécessité de renforcer les pouvoirs des Parlementaires pour éviter, selon eux, de se limiter à une simple chambre d'enregistrement.
par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Dimanche 4 mai 2008
EN BREF

Ségolène Royal versus Bertrand Delanoë. Deux styles, un même objectif: la prise du parti pour devenir le candidat légitime à la présidentielle en 2012.

L'un a décidé d'affirmer franco ses ambitions pour 2012, l'autre essaie de s'imposer comme incontournable. L'un est en campagne depuis plusieurs mois, l'autre a dû se retenir à cause des municipales. Aujourd'hui, Royal et Delanoë comptent peser sur le Congrès du parti, en novembre prochain, et plus largement sur le cours de la vie politique.

Il y a quelques semaines, Ségolène Royal appelait les militants du PS à une "consultation participative" sur son nouveau site, au nom éloquent "Congrès utile et serein". La candidate à la présidentielle en 2007 a retenu la leçon: il est quasiment impossible d'accéder à l'Elysée sans le soutien du parti et de ses membres. Par conséquent, la présidente de la région Poitou-Charentes sait qu'elle va devoir se constituer un réseau de soutiens parmi les élus du PS.

Face à cette offensive, Bertrand Delanoë réplique avec les mêmes armes. Cette semaine, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dévoilera un texte "d'idées" préparé depuis plusieurs semaines avec ses proches: Harleme Désir, Daniel Vaillant, Jean Glavany, Lionel Jospin... Le maire de Paris, contraint pendant les élections municipales d'être discret sur la scène nationale pour ne pas mettre en péril sa réélection, a désormais les mains plus libres. Et tente de ne pas se laisser distancer par sa rivale.

La bataille devrait aussi avoir lieu dans les librairies. L'année dernier, Ségolène Royal publiait son livre: Ma plus belle histoire d'amour chez vous. Le 22 mai prochain, c'est au tour de Bertrand Delanoë de sortir le sien, un livre d'entretien avec le directeur de la rédaction du quotidien Libération, Laurent Joffrin.




par Marion Mourgue publié dans : En bref!
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Mercredi 30 avril 2008
ECLAIRAGE

Le Front National de Jean-Marie Le Pen est-il en fin de course? Les dernières déclarations du président Jean-Marie Le Pen, dans un entretien au magazine "Bretons", ont conduit un certain nombre des membres du parti à espérer qu'une page se tourne. La page Jean-Marie qui approche des 80 ans. La fin de cette page pourrait conduire à la fin de l'histoire du FN.

Vendredi dernier, Le Pen
a réitéré ses propos sur les chambres à gaz, les qualifiant de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Une première fois en 1987, déjà, il avait assimilé les chambres à gaz à "un point de détail de l'histoire". En mars 1991, la cour d’appel de Versailles avait alors condamé le patron du FN à verser 100.000 francs (15.000 euros) de dommages et intérêts à neuf associations qui s’étaient portées parties civiles pour "banalisation de crimes contre l’humanité" et "consentement à l’horrible". En janvier 2005, dans l'hebdomadaire Rivarol, il avait ajouté que "l'occupation allemande (en France) n'a pas été particulièrement inhumaine", pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si Marine Le Pen, qui cherche à reprendre la tête du FN, a toujours pris ses distances avec les déclarations de son père,
la question se pose pourtant de la pérennité du parti. Le changement du leader suffira-t-il au mouvement pour se redresser? Rien n'est moin sûr. Car la multiplication de déclarations tonitruantes, ces dernières années, ont conduit faire fuir les militants... et les élus.

Décrédibilisé, sans argent - au point que Jean-Marie Le Pen vend sa voiture présidentielle sur e-bay
  et le "Paquebot", siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) - le mouvement d'extrême droite est confronté aujourd'hui à une pénurie de relais. Les derniers rendez-vous électoraux se sont transformés en véritable débâcle : 10,44% à la présidentielle, 4,29% aux législatives, déroute pour les rares listes aux municipales. Elles n'étaient présentes que dans 85 villes de plus de 10 000 habitants. Au premier tour, seules 17 de ces listes ont dépassé les 10 % de voix.

Même si le parti parvient encore à réunir quelques centaines de fidèles, il lui devient de plus en plus difficile de peser sur la scène politique. D'autant plus que Jean-Marie Le Pen n'a pas réussi à reprendre la main face à Nicolas Sarkozy qui a attiré à lui une part importante des électeurs du FN.

Demain, le traditionnel défilé du 1er mai s'annonce des plus difficiles pour le parti. D'ailleurs, cette année, le défilé a été revu à la baisse, faute de moyens et de soutiens.
par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mardi 29 avril 2008
EN BREF

Le Parti socialiste est devenu un parti "réformiste", et non plus "révolutionnair". Avec l'idée que l'égalité ne peut se dissocier de la liberté. Et qu'il s'engage à promouvoir "une économie de marché régulé". Le mot est lâché. Première fois dans l'histoire idéologique du PS.

La nouvelle déclaration de principes du parti, qui comprend 21 articles et a été écrite par Alain Bergounioux et Henri Weber, est la cinquième depuis 1905. Elle fixe le cadre dans lequel devrait se dérouler le congrès de novembre prochain. Le texte doit être discuté par les militants socialistes dans les différentes fédérations puis soumis au vote le 14 juin, lors d'une convention nationale du PS.

Quelques extraits de la déclaration téléchargeable sur le site du PS.

"Pour les socialistes, l'être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités", est-il écrit dans le Préambule.

ART. 1 Etre socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est.

ART. 2 L'égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n'a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables.

ART. 3 Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l'avenir des générations nouvelles.

ART. 4 Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l'aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l'être à l'aide des indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d'existence et de travail des individus.

ART. 5 La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen.
par Marion Mourgue publié dans : En bref!
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Jeudi 24 avril 2008
ECLAIRAGE

En perte de vitesse depuis des mois, Nicolas Sarkozy n'avait qu'un objectif ce soir : réussir son "grand oral" de rattrapage, après environ trois mois de sondages calamiteux et un an de présidence. A peine plus d'un Français sur quatre (28%, - 2 points) estiment que son action va "plutôt dans le bon sens", selon un sondage CSA pour l'hebdomadaire Valeurs Actuelles publié hier.

Le Chef de l'Etat a donc travaillé à présenter une image consensuelle et grave d'un président légitime et cohérent.
Au début de son interview télévisée, il a souligné qu'il "s'était préparé aux déceptions, problèmes et difficultés" qu'il rencontre aujourd'hui. Avant d'ajouter "qu'il y ait de la déception, qu'il y ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé".

Interrogé sur les sondages qui lui sont défavorables depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy a répondu: "Sans doute je n'ai pas assez expliqué, sans doute moi-même j'ai fait des erreurs". Comme les journalistes lui faisaient remarquer que les Français sont "déconcertés", il a répondu : s'ils le sont, "j'en ai une part de responsabilité".

Pour tenter de regagner la confiance des Français, le président savait qu'il lui fallait faire amende honorable. Le message semble avoir été reçu cinq sur cinq à l'Elysée.



par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mercredi 23 avril 2008

ECLAIRAGE








Aujourd'hui, jour du Conseil des ministres, l'actu avait lieu dans la cour de l'Elysée.
Les journalistes de télévision présent à la sortie du Conseil des ministres ont ostensiblement posé leur caméra à terre et refusé de fimer en signe de protestation. Seule Christine Lagarde, ministre de l'Economie, s'est étonnée de la scène.

© REUTERS / Philippe Wojazek

Les journalistes entendaient protester contre la mise en place d'un nouveau dispositif : une longue corde les retenant à nu seul droit. Pour les journalistes, il s'agit là d'une entrave à leur métier. Ils se sont estimés "parqués". 

Selon Franck Louvrier, conseiller presse et communication du président, ce dispositif a été mis en place car "la semaine dernière, deux ministres ont été fortement bousculés". Avant d'ajouter : "Il y a dans la cour de l'ELysée, un nombre de médias beaucoup lus important qu'avant. Il faut donc trouver un dispositif qui permette aux une et aux autres de travailler, pour que les journalistes ne soient pas bousculés par les voitures qui démarrent et qu'eux-mêmes ne bousculent pas les ministres ou se bousculent les uns et les autres".

Il semblere surtout que ce nouveau dispositif soit la marque d'un nouveau venu dans le dispositif élyséen: Thirry Saussez. C'est lui qui aujourd'hui donne aux ministres l'autorisation de s'exprimer dans la presse et d'accorder des interviews aux différents médias. Le délégué ministériel est en charge de
coordonner la communication gouvernementales. Avant toute déclaration, les ministres sont donc dans l'obligation d'en référer au communicant, ami de Nicolas Sarkozy.

Désormais, seul Thierry Saussez peut donner l'autorisation de parler. D'où un certain nombre de refus récents dans plusieurs émissions. Sarkozy veut par là mettre un terme aux bourdes à répétition des ministres. Il y a peu, en plein conseil des ministres, le chef de l'Etat a déclaré :  "Vous n’êtes pas assez professionnels dans vos prises de paroles. Il est inadmissible que certains d’entre vous se fassent piéger par des journalistes du Monde", en référence directe aux déclarations de la sevcrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Livre politique

Le dernier livre politique lu :  «Le Président et Moi», par Philippe Ridet, Albin Michel, 236 pages, 17 €.

 
Ce livre qui se lit comme un roman, est truffé d'anecdotes sur Nicolas Sarkozy. A lire au plus vite pour celui qui veut essayer d'en savoir plus sur le personnage tel qu'il est en dehors des caméras.

Le journaliste du Monde, Philippe Ridet, décortique le personnage et la stratégie de Sarkozy. Tantôt drôle, souvent cassant voire méprisant, l'homme politique se met en scène au quotidien. Une mise en scène qui n'empêche pas une grande solitude.

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