Quelques jours après le choix des militants du PS en faveur de Ségolène Royal, le bureau politique de l’UMP doit fixer, mercredi 22 novembre, l’agenda et le mode de désignation de son candidat, à l’élection présidentielle de 2007.
" Les favoris de l’automne sont rarement vainqueurs au printemps », lançait, mi-novembre, l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Difficile de ne pas y voir une allusion à l’égard de son ancien ministre, Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas ses intentions de se présenter à l’élection présidentielle.
Pourtant, quelques jours après la victoire écrasante de Ségolène Royal, lors des primaires du PS, le président de l’UMP apparaît affaibli. Dur d’apparaître en « rupture » avec sa propre majorité qui est au pouvoir depuis 1995. Dur aussi d’incarner la rupture face à une candidate qui n’a pas eu le parcours classique du présidentiable ; ni homme, ni chef de parti, ni titulaire d’un ministère régalien, Ségolène Royal incarne, aux yeux de l’opinion publique, le « changement ».
La messe n’est pas dite
Si le président de l’UMP fait toujours figure de favori de la droite dans les sondages, il ne fait pas l’unanimité au sein de son camp. L’a-t-il fait précédemment ? Rien n’est moins sûr, mais désormais ses « amis » ne se cachent plus pour le faire savoir. Les attaques se multiplient. Jacques Chirac laisse planer le doute quant à une troisième candidature et ne prévoit de s’expliquer qu’au premier trimestre 2007. Quant à Bernadette Chirac, elle déclare, dans Le Nouvel Observateur, que « la messe n’est pas dite » pour la présidentielle de 2007. Quand on sait que la première dame de France avait prévu - bien avant les autres- que Jean-Marie Le Pen serait au second tour, en 2002, on se demande si cette fois, elle a vu juste.
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, ne dit d’ailleurs pas autre choses : « Je ne crois pas que les Français soient entrés dans le choix présidentiel », a-t-il souligné sur le plateau de Ripostes, dimanche 19 novembre, avant d’ajouter que « rien n’est joué » et qu’il ne faut pas « figer les choses ».
Un jeu d’autant moins figé, que la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, laisse planer le doute sur son éventuelle participation : "Je m'exprimerai sur ma candidature au début de l'année prochaine", affirme-t-elle dans Le Journal du Dimanche du 19 novembre.
Contestation interne
Face à cette contestation interne qui s’organise et se médiatise, les partisans de Nicolas Sarkozy s'agacent et se servent des sondages pour répondre. L’un des derniers publiés - le sondage Ipsos-Le Point effectué du 17 au 19 novembre - rappelle l'écrasante supériorité du président de l'UMP : 77 % des sympathisants de l'UMP affichent leur préférence pour Nicolas. Sarkozy, loin devant Michèle Alliot-Marie (17 %) et Dominique de Villepin (6 %). Mais les sarkozystes insistent moins sur la deuxième partie du sondage qui montre que 49 % des Français souhaitent un deuxième candidat UMP à l'élection présidentielle, tout comme 34 % des sympathisants UMP. Ce n’est que le 14 janvier que les militants désigneront le candidat UMP pour la présidentielle. D’ici là, l’offensive anti-Sarkozy pourrait gagner du terrain.



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