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Marion Mourgue

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Proposer une information vérifiée sur la politique française à partir d'analyses personnelles. Articles, photos, vidéos... Autant de manières de revenir sur l'actualité.  Sans m'interdire de mettre en ligne les articles publiés, sur lesquels j'ai aimé travailler.


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Jeudi 6 mars 2008

Le ParisienARTICLE PUBLIE dans le quotidien Le Parisien, édition du 6 mars

SOUS la Ve République, des écarts de popularité ont souvent été enregistrés entre le président de la République et son Premier ministre. Mais presque toujours en faveur du chef de l'Etat. A quelques rares exceptions près.

En juillet 1972, le président Pompidou contraint son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, à démissionner. Chef du gouvernement depuis 1969, il vient pourtant d'obtenir la confiance massive de l'Assemblée nationale. Il est remplacé à Matignon par Pierre Messmer, un gaulliste de la première heure, qui avait été ministre des Armées du général de Gaulle.

Mitterrand à 39 % en 1985

Treize ans plus tard, même scénario, cette fois-ci à gauche : François Mitterrand, élu à l'Elysée en 1981, enregistre en 1985 une cote de popularité inférieure d'une quinzaine de points à celle de son Premier ministre, Laurent Fabius, nommé en juillet 1984 après les grandes manifestations de défense de l'école privée. Selon un baromètre TNS Sofres pour « le Figaro Magazine », Mitterrand enregistre 39 % d'avis favorables en avril et mai 1985. Le Premier ministre, lui, oscille entre 57 % et 59 % de bonnes intentions. A partir de juin, il amorce une lente baisse dans les sondages alors que le président, lui, enregistre une hausse de sa cote de confiance. Les choses rentrent dans l'ordre, le Premier ministre est maintenu... jusqu'à la défaite de la gauche aux législatives de 1986.

Deux ans plus tard, François Mitterrand, réélu pour un second septennat, nomme Michel Rocard à Matignon, avant de s'en séparer en mai 1991. Rocard bénéficie pourtant d'une forte popularité dans l'opinion, avec une moyenne de 55 % à 60 % d'avis favorables. Mais le président Mitterrand ne le supporte plus et lui demande de laisser sa place à Edith Cresson.

cf. Autres articles publiés dans la presse

par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Jeudi 6 mars 2008
Qu'est-ce que les partis politiques attendent des municipales?ECLAIRAGE

A quelques jours du premier tour des élections municipales, les partis politiques attendent les résultats de ce scrutin. Chacun avec sa stratégie, chacun avec sa propre lecture des résultats.

A l'UMP
Aux vues des derniers sondages, la majorité présidentielle attend, mi-inquiète, mi-résignée, un probable vote-sanction des électeurs. Un vote-sanction qui entrainerait de facto la perte de plusieurs villes et donc un rééquilibrage par rapport aux derniers résultats ds municipales de 2001. L’UMP croit beaucoup en Alain Juppé, bien placé à Bordeaux et qui pourrait être réélu dès le premier tour, un peu moins en Jean-Claude Gaudin à Marseille au coude-à-coude avec son challenger socialiste, Jean-Noël Guérini. Et la majorité compte bien obtenir aussi la présidence des communautés d’agglomérations de Lyon et de Lille. Mais le choix de soutenir trois listes "Gauche moderne" (à Mulhouse, Pau et Schiltigheim), 25 "Divers-droite", et 16 candidats Nouveau Centre (qui espère conserver Blois obtenu en 2001 contre Jack Lang, Issy-les-Moulineaux avec André Santini, Drancy et Annecy... où le NC sera opposé à l'UMP Pierre Hérisson) risque de compliquer un peu plus la lecture des résultats. Voire le choix des électeurs.

Au PS, les socialistes veulent faire des municipales un test national. Ségolène Royal l'a répété à plusieurs reprises et les déclarations deFrançois Hollande vont dans le même sens. Fin janvier, le premier secrétaire du parti François Hollande estimait que la gauche pouvait «prendre 30 villes» lors des élections municipales de mars, parmi lesquelles : Marseille, Strasbourg, Toulouse, Blois, Cahors, Rodez, Montauban, Quimper, Saint-Brieuc, Laval, Brive, Strasbourg... 
Le PS mise aussi beaucoup sur la répétition du scnéario de 2004, marqué par une vague rose aux régionales et aux cantonales, et sur la probabilité d'un vote-sanction de l’exécutif. Les socialistes guettent un effet de rattrapage par rapport aux municipales de 2001 : les conquêtes de Paris et Lyon n’avaient pas masqué la perte de 47 cités de plus de 20 000 habitants passées à droite. 

Le MoDem s'apprête à vivre ces premières élections municipales, en espérant ne pas être, comme aux législatives, "écrabouillé par le fait majoritaire" -, selon le mot du responsable aux élections, Éric Azière. La formation politique a enregistré 400 listes autonomes dans les villes de plus de 10 000 habitants, dont 160 dans celles de plus de 30 000 habitants. L'objectif du Modem: se constituer un réseau d’élus. Car il ne peut guère espérer gagner une ville, à l'exception de Pau où se présente François Bayrou, le président du Modem. Le parti risque de souffrir d'une absence de discipline interne au parti : selon les villes, le candidat est soit proche du PS, soit proche de l'UMP, soit foncièrement autonome.

Au PCF, l'objectif sera de sauvegarder quelques communes pour maintenir un communisme à l'échelon local. Aujourd'hui, les communistes gèrent 36 villes de plus de 20 000 habitants (800 mairies et 13 000 élus locaux communistes en France). Mais ils craignent de perdre certains de leurs bastions. Même si l’union avec le PS est renouvelée dans 80 % des listes, les deux alliés devront s’affronter à des endroits symboliques: la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le PCF pourrait par contre enregistrer un très bon score au Havre où le député PCF Daniel Paul pourrait l'emporter face ua maire UMP sortant, Antoine Rufenacht. 

Les Verts bénéficient généralement de bons scores aux municipales, ce qui leur permet une implantation locale (aujourd'hui 1800 élus pour 8200 adhérents).Cette année, ils pourraient enregistrer cependant des scores décevants notamment à Paris, gênés par le Modem crédité d'environ 10 % d'intentions de votes dans les derniers sondages. Dans la capital, les Verts avaient obtenu, en 2001, 12,35 % au 1er tour. Leur candidat, Denis Baupin, adjoint de Bertrand Delanoë, était crédité récemment par CSA (pour Paris-Obs) de... 5 %. Plus largement, les Verts pourraient subir l'effet d'un vote sanction adressé à la droite qui se traduirait par un vote des électeurs en faveur des listes socialistes dès le premier tour des municipales.

Le
FN joue-t-il sa survie? Financière, sûrement. Pour ces municipales, le parti de Jean-Marie Le Pen fonde quelques espoirs sur certaines villes, comme Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Noyon (Oise) et Cluses (Haute-Savoie). Et attend beaucoup des élections cantonales qui se déroulent le même jour que les municipales pour parvenir à améliorer son implantation locale, quelques mois à peine après des législatives où le FN n'avait pas réussi à passer le cap des 5% de suffrages.

Lutte ouvrière, qui a 30 élus sortants, participe dans 69 villes à des listes d’union avec les partis de gauche - 40 conduites par le PCF, 24 par le PS et 5 divers. Selon Arlette Laguiller, cette alliance est devenue possible car la gauche n’est pas au pouvoir. 

A l'inverse, Olivier Besancenot pour la LCR a refusé tout union avec les socialistes. La LCR présentera un peu plus de 150 listes et sera présente dans 36 des "37 villes de plus de 100 000 habitants", selon Olivier Besancenot.
par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Lundi 3 mars 2008

EN BREF

A quelques jours du premier tour des municipales, le président Sarkozy continue sa baisse dans les sondages. Selon la dernière enquête LH2 pour Libération, la cote de popularité du chef de l'Etat est à 37 % d'opinions positives contre 41 % au mois de janvier. Pire encore,  «74% des Français estiment qu'il ne se contrôle pas assez» et 55 % estiment qu'il ne respecte pas "suffisamment la fonction présidentielle". C'est dire.

Des résultats qui effraient la majorité. Les députés UMP redoutent de faire les frais du style Sarkozy.
A l'inverse, le Premier ministre, François Fillon que ses détracteurs surnommaient "M. Nobody" - ou le maire actuel de Bordeaux, Alain Juppé, souvent dépeint ccomme un homme austère- retrouve aujourd'hui des couleurs. 

Celui que l'on décrivait comme un homme discret, un "collaborateur" de l'ombre est jugé aujourd'hui comme le principal garant des institutions. C'est lui désormais qui "fait" président. Ce qui ne va pas sans poser de problème politique au sein du couple de l'excéutif. 

D'habitude, c'est le premier ministre qui sert de fusible au président. Là, le locataire de l'Elysée se comporte comme le chef de gouvernement. Installant de facto Fillon en position "d'arbitre au-dessus de la mêlée"... le rôle autrefois dévolu au président de la République.

par Marion Mourgue publié dans : En bref!
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Samedi 1 mars 2008
Le dernier livre politique lu :  «Ça va mal finir», par François Léotard, Grasset, 138 pages, 10 euros

«Ça va mal finir», par François Léotard, Grasset, 138 pages, 10 euros  
Le pamphlet de l'ancien président de l'UDF et ancien ministre de la Défense, François Léotard, est d'une rare violence à l'égard de Nicolas Sarkozy. D'une rare violence pour celui qui pendant trente ans a côtoyé l'actuel président et qui semble, désormais, le découvrir. 

François Léotard attaque fort: "Et je me dis maintenant. C'est étrange d'avoir voté Sarkozy" (p. 8) et continue sur le même ton : "Depuis que tu es à l'Elysée, je suis inquiet" (p. 116). L'ancien ministre lui reproche sa frilosité en matière de politique européenne, son manque de culture et son comportement. Mais ce que François Léotard admet encore moins, c'est la politique en matière d'immigration et "les tests ADN".

Le pamphlet est bien écrit, truffé de citations - ce qui finit par lasser - mais l'on reste sur sa faim : si "Ca va mal finir?", alors quelles sont les solutions? D'autant plus que François Léotard imagine un dialogue entre Sarkozy et Cassandre. Un échange censé se dérouler en 2015... une date lointaine alors que pendant une centaine de pages, l'ancien ministre énonce les raisons d'un cafouillage actuel à l'Elysée.

Lire les autres chroniques de livres
par Marion Mourgue publié dans : Quel livre politique lire?
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Jeudi 28 février 2008
undefinedARTICLE PUBLIE

Education . La proposition du Président a été jugée «inapplicable» par la mission ministérielle sur le sujet.

L’idée de Nicolas Sarkozy a vécu. Elle n’avait pas quinze jours. Le 13 février, au dîner du Crif, le président de la République affirme qu’à partir de la rentrée 2008 chaque enfant de CM2 se verra «confier la mémoire» d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. La controverse est immédiate. Les déclarations s’enchaînent. Simone Veil, considérée comme proche de Nicolas Sarkozy et présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, juge alors «inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste la proposition de Nicolas Sarkozy».

Parrainage. Hier, au ministère de l’Education nationale, la mesure a été officiellement enterrée. Chargée par le ministre, Xavier Darcos, de la mission pédagogique pour la transmission de la Shoah, Hélène Waysbord-Loing a considéré que le projet du Président était «inapplicable» au sortir d’une réunion avec l’ensemble des membres du groupe de travail. Elle a même ajouté que ce terme de parrainage n’avait «pas été évoqué ni repris au cours de la réunion». Pour la présidente de l’Association de la maison d’Izieu, les choses sont claires : «Il ne faut pas faire de la commémoration, du rituel, parce que l’école n’est pas le lieu de cela. L’école est le lieu où l’on construit un savoir, où l’on apprend aux élèves à rechercher, à enquêter.»  

L’historien et cinéaste Claude Lanzmann, lui aussi membre de la mission, est allé encore plus loin. Selon lui, le parrainage d’une victime par un élève ou par une classe était «enterré avant même qu’on se réunisse, ce n’était pas praticable car il y a 11 500 enfants juifs de France et 600 000 élèves en CM2».

Même les soutiens des premières heures se sont affadis. Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et des filles des déportés juifs de France, avait dans un premier temps approuvé les déclarations du chef de l’Etat. Hier, il s’est montré beaucoup plus nuancé : «Les 11 000 enfants juifs doivent entrer dans la mémoire des écoliers par un travail collectif.»

Dans ce contexte, le ministre de l’Education nationale a tenté de faire bonne figure : «Le président de la République a donné une direction. A nous de la transformer en projet pédagogique.» En clair : transformer en mesure acceptable et acceptée des enseignants, des parents d’élèves, des historiens et des psychologues ce qu’il reste de la déclaration initiale de Nicolas Sarkozy.

«Consensus». En fin de journée, sur RTL, le ministre a précisé que le projet initial de Nicolas Sarkozy se «ferait dans le contexte d’une classe et non pas d’un élève séparé qui devrait porter seul la mémoire d’un enfant particulier». C’est le souhait qu’avait émis, quelques heures plus tôt, Simone Veil. Sollicitée par Xavier Darcos pour être membre de la mission, elle a demandé la mise en place de «travaux qui permettent aux enfants de se grouper dans une classe non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation dans telle ville».

A l’Elysée, on a cherché à limiter la casse. Dans un communiqué, le porte-parole, David Martinon a fait savoir que Nicolas Sarkozy «constate qu’après les polémiques soulevées par sa proposition», il existe un «consensus très largement partagé» sur la nécessité de mieux enseigner la Shoah.

Les membres de la mission doivent se revoir dans deux mois. D’ici là, le ministre de l’Education nationale les a chargés «d’élaborer un document de référence qui pourra être remis à tous les enseignants». Pour François Hollande, premier secrétaire du PS, qui dans un premier temps avait salué l’initiative de Sarkozy au dîner du Crif, c’est la preuve «qu’on est revenu à ce qui n’aurait jamais dû être différent : un travail par les enseignants, dans le cadre des programmes existants».

Article publié dans le quotidien Libération, jeudi 28 mars.
 
cf. Autres articles publiés dans la presse

par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Jeudi 28 février 2008
undefinedARTICLE PUBLIE

La barre symbolique a été franchie ce week-end : plus de 100 000 personnes et organisations ont désormais signé «l’appel laïque» initié le 4 février par la Ligue de l’enseignement contre les «atteintes à la laïcité de la République» que constituent les «déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle». Des signataires qui, après le discours de Latran du Président, le 20 décembre, et celui du 14 janvier à Riyad, en Arabie Saoudite, «rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque et démocratique et sociale» (lire ci-dessous).

«Cohésion». Parmi les premiers à juger «inacceptable la mise en cause de ce principe indispensable à la paix civile» , figurent les syndicats de l’enseignement, la FSU, le Sgen-CFDT, l’Unsa éducation, les confédérations syndicales CGT, CFDT, mais aussi le Grand Orient de France, la Libre Pensée, la Ligue des droits de l’homme…

Tous craignent une modification du contenu de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. «C’est un sujet sensible qui touche à l’identité des personnes et la cohésion sociale. Jusqu’à présent, un équilibre avait été trouvé. Y toucher, c’est prendre le risque d’un mouvement de grande ampleur» , juge Pierre Tournemire, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement.

Et les pétitionnaires de s’inquiéter de voir que, en recevant le 20 décembre le titre de chanoine honoraire de l’église romaine de Saint-Jean de Latran, Nicolas Sarkozy prend ses distances avec la conception de la «laïcité à la française» , incarnée par la loi de 1905.

Ballons d’essai. Le message de félicitations envoyé hier à quatre diacres traditionalistes ordonnés à Latran (lire page ci-contre) ne devrait pas les rassurer. Dans son discours, le chef de l’Etat avait insisté sur les «racines chrétiennes de la France» et vanté une laïcité dite «positive» , c’est-à-dire «qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais un atout».

Moins d’un mois plus tard, lors de son déplacement en Arabie Saoudite, Nicolas Sarkozy exalte l’héritage «civilisateur» des religions. Le 20 février, c’est au tour de la directrice de cabinet du président, Emmanuelle Mignon, de créer la polémique. L’hebdomadaire VSD rapporte ses déclarations selon lesquelles les sectes sont un «non-problème» en France.

Résultat, la France laïque se mobilise, inquiète de voir Nicolas Sarkozy accorder une place croissante aux croyances. A tout le moins suspicieuse de le voir lancer des ballons d’essai pour évaluer le soutien de la France religieuse. «Les réactions aujourd’hui ne touchent pas forcément des gens hostiles au religieux» , précise Pierre Tournemire, ravi de faire «la démonstration que la laïcité suscite toujours beaucoup de réactions dans la société.» Un constat partagé par le secrétaire général de l’Unsa-éducation, Patrick Gonthier : «On a senti un grand trouble dans l’opinion publique, y compris dans le camp de la majorité». Il ajoute : «Malgré ou grâce à Nicolas Sarkozy, on voit que la laïcité reste un vrai débat de société.»

«Populaire». Daniel Robin, co-secrétaire général du Snes précise que l’appel «n’est pas qu’un mouvement d’humeur, mais la mise en place d’une structure de vigilance pour répondre à toute tentative de modification de la loi de 1905». Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France évoque même la possibilité d’organiser un mouvement équivalent à celui de janvier 1994, quand 1 million de personnes avaient manifesté dans la rue contre la révision de la loi Falloux, qui limite l’aide des collectivités locales aux établissements privés.

Quatorze ans plus tard, «les réactions du mouvement laïc traversent les clivages politiques. Le Président l’entend bien» , souligne Jean-Michel Quillardet. Il traverse aussi les âges. «C’est même assez étonnant , reconnaît Charles Conte, chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement. La pétition traduit un vrai mouvement populaire avec des signataires de tous les âges, que l’on ne connaissait pas forcément avant.»

Tous les jours, la Ligue de l’enseignement vérifie et enregistre 5 000 nouvelles signatures. Le Mouvement de la jeunesse rurale chrétienne, animé par des responsables de 20 à 30 ans, a lui aussi décidé de se joindre à l’appel. « On assume pleinement notre identité chrétienne. Mais on l’inscrit dans une société laïque, condition selon nous pour que chacun puisse vivre sa foi pleinement» , conclut la présidente, Audrey Massié.

«Le temps des discours inquiétants et des paroles est passé», analyse Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée, les signataires attendent maintenant de voir si les déclarations du Président se traduiront en actes. Prêts, dans cette hypothèse, à bondir pour défendre la loi de 1905.

Article publié dans le quotidien 
Libération, mardi 26 février, 2008.

cf. Autres articles publiés dans la presse
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Mercredi 27 février 2008
Rachida Dati: campagne cosy à ParisARTICLE PUBLIE dans Libération, sur les ministres en campagne.

Il est 19h30 passées ce 19 février. Rachida Dati, candidate UMP dans le VIIe arrondissement de Paris, participe à une réunion privée dans un appartement cossu du quartier des Invalides. Une quarantaine d’yeux braqués sur elle, la ministre de la Justice, dont c’est la première campagne, fait son entrée. Intimidée. Tous les présents sont trentenaires ou quadra. Costard-cravate pour ces messieurs, jupe élégante pour ces dames. Pas de talons ni de robe haute couture pour Rachida Dati. Quand la candidate UMP se lève pour prendre la parole, elle sort la langue de bois: «J’ai souhaité aller au contact du terrain et rejoindre l’équipe de campagne de Françoise de Panafieu pour faire gagner Paris.» 

Le discours est rodé. Rachida Dati enchaîne sur le programme, évoque «l’insécurité» et la «dégradation» du Champ de Mars, le manque de places en crèches, les retraites. Puis s’arrête. Se tourne vers le maire sortant, Michel Dumont: «Sinon, qu’est-ce qu’on a?» Réponse du numéro 2 de sa liste : «La fréquence des minibus.» La candidate reprend. L’assemblée écoute, attentive. Mais lui demande quatre fois si elle occupera le siège de maire, en cas de victoire. L’intéressée esquive : «Une fois l’élection passée, nous discuterons avec les colistiers du choix du maire.» 

En fait, ces dernières semaines, Dati a laissé entendre qu’elle pourrait être maire en cas de victoire. A propos des difficultés de la majorité, la candidate assure à son auditoire que «les Français nous disent de continuer les réformes». Pour elle, il n’y a aucune raison «d’être pessimiste»: «L es engagements sur le pouvoir d’achat ont été tenus, le rythme est tenu, les résultats sont tenus, dans un contexte international dégradé.» Les mauvais sondages du Président? «Ils ne sont pas défavorables sur la nécessité de réformer.Il fautarrêter ces attaques.»

Le 21 février, 10h45. Visite au pas de course du marché de Saxe, place de Breteuil. Veste en cuir rouge, Rachida Dati ne passe pas inaperçue. Les badauds la saluent pour sa «beauté et son courage». Ravie, la candidate se prête, hilare, au jeu des autographes. Aux trois quarts du parcours, elle s’arrête faire quelques courses. Avertie après l’épisode malheureux de David Martinon à Neuilly qui avait lancé aux commerçants, «ma femme a déjà fait les courses» , elle s’empresse d’acheter deux paquets de sablés au beurre. Le métier commence à entrer…

Publié dans le quotidien
 Libération, mercredi 27 février, avec photo.

cf. Autres articles publiés dans la presse
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Livre politique

Le dernier livre politique lu :  «Le Président et Moi», par Philippe Ridet, Albin Michel, 236 pages, 17 €.

 
Ce livre qui se lit comme un roman, est truffé d'anecdotes sur Nicolas Sarkozy. A lire au plus vite pour celui qui veut essayer d'en savoir plus sur le personnage tel qu'il est en dehors des caméras.

Le journaliste du Monde, Philippe Ridet, décortique le personnage et la stratégie de Sarkozy. Tantôt drôle, souvent cassant voire méprisant, l'homme politique se met en scène au quotidien. Une mise en scène qui n'empêche pas une grande solitude.

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