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Marion Mourgue

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Proposer une information vérifiée sur la politique française à partir d'analyses personnelles. Articles, photos, vidéos... Autant de manières de revenir sur l'actualité.  Sans m'interdire de mettre en ligne les articles publiés, sur lesquels j'ai aimé travailler.


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Lundi 25 février 2008
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Rédigé avec Antoine Guiral et Laure Equy

«Protéger» le Président. C’est Jean-Pierre Raffarin qui l’a dit hier, en réclamant que le gouvernement et l’UMP «aident» davantage Nicolas Sarkozy. Le protéger de lui-même? Le sénateur de la Vienne n’est évidemment pas allé jusque-là, assurant même que le chef de l’Etat «ne ralentira pas». Mais si protection il doit y avoir, c’est bien que quelque chose ne tourne pas rond à l’Elysée. Alors que les sondages sont toujours à la baisse et que la cacophonie a dominé en fin de semaine dernière, retour sur un week-end, entre fébrilité manifeste au Salon de l’agriculture et bras-de-fer lourd de conséquences avec le Conseil constitutionnel.

«Casse-toi alors, pauv’con»

La perle du Salon de l’agriculture, filmée et diffusée sur le site du Parisien, a circulé allègrement sur Internet ce week-end. Lors de sa traversée éclair du salon samedi matin, en plein bain de foule, Sarkozy croise un visiteur récalcitrant qui refuse sa poignée de main. «Ah non, touche-moi pas», prévient-il. Le chef de l’Etat rétorque sans détour : «Casse-toi, alors.» «Tu me salis», embraye l’homme. Le sourire se crispe. Sarkozy lâche, desserrant à peine les dents, un raffiné «Casse-toi alors, pauv’con, va». Du plus bel effet.

Le badaud n’est pas le premier à faire les frais des écarts verbaux d’un Sarkozy qui manque de sang-froid. Chahuté en novembre, lors de sa visite aux marins pêcheurs du Guilvinec, le Président avait piqué une colère. L’oreille chauffée par les insultes, il avait pris à parti l’un des pêcheurs: «C’est toi qui as dit ça? Ben descends un peu le dire, descends un peu…» La prise de becs du Salon de l’agriculture est plus discrète mais elle trahit l’humeur présidentielle du moment. A fleur de peau.

L’avis du Conseil constitutionnel

«Stupéfiante atteinte à l’Etat de droit» pour le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault ; «dérive dangereuse», selon André Vallini, secrétaire national PS à la justice. Nicolas Sarkozy a ulcéré, ce week-end, les responsables de l’opposition qui l’accusent de mettre à mal la fonction présidentielle et, désormais, de faire tanguer les institutions en appuyant sur le détonateur d’une nouvelle controverse. Il faut dire que le président de la République s’est attaqué à un intouchable: les «sages» de la rue Montpensier. Au cœur de cette levée de boucliers, sa décision de demander au premier président de la Cour de cassation de plancher sur des propositions pour permettre l’application immédiate de la rétention de sûreté. Une tentative de contournement de l’avis rendu jeudi par le Conseil constitutionnel qui a donné son feu vert au principe de centres d’enfermement à vie pour les criminels dangereux, prévue dans le projet de loi Dati. Il a en revanche limité la possibilité d’appliquer cette mesure à des criminels condamnés avant la promulgation du texte.

Habilement, le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a préféré garder le silence, laissant nombre de voix - de Robert Badinter aux syndicats de magistrats, en passant par Dominique de Villepin qui qualifie «l’étonnante question de la rétention de sûreté» de «monstruosité sur le plan juridique» - exprimer un point de vue sur lequel il n’a rien à redire. Un silence qui entend aussi de ne pas déplacer un problème éminemment juridique sur celui de la politique, voire de la polémique. Mais il n’empêche, cette attaque directe du Président est une première qui ne passe pas.

La cacophonie des conseillers

«Tous ceux qui ne sont ni des élus ni des membres du gouvernement doivent s’astreindre à une plus grande réserve.» Qui parlait ainsi en fin de semaine dernière, dans Le Monde? Edouard Balladur.«S’exprimer, c’est un métier! On ne passe pas de l’ombre à la lumière sans éclats.» C’est qui cette fois ? Jean-Pierre Raffarin. Dans la ligne de mire des deux anciens Premiers ministres : la belle cacophonie au plus haut niveau de l’Etat, après les polémiques sur l’enseignement de la Shoah en CM2 ou plus récemment sur les sectes, «un non-problème» en France selon la conseillère de l’Elysée Emmanuelle Mignon. Dans les deux cas, le cafouillage a dominé, le chef de l’Etat comme le Premier ministre devant contredire, sur les sectes, les propos des entourages. Un désordre de plus pas franchement au goût des élus UMP à quinze jours des municipales. C’est pourtant eux que Raffarin appellent à la rescousse pour… «protéger» le Président.

Article écrit avec Antoine Guiral et Laure Equy, publié dans le quotidien 
Libération, édition du 25 février 2008. 
cf. Autres articles publiés dans la presse

par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Lundi 25 février 2008
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Yvan Donnat en est encore tout ému. Il y a un mois, un de ses amis d’Algérie l’appelle pour lui raconter la cérémonie officielle d’inauguration du mur des disparus français d’Algérie, à Perpignan, qu’il a vue sur le site Internet Bab el Oued Story. «Il m’a dit que figurait, sur ce mur, le nom de mes parents, de mes deux sœurs et de mon neveu. Mais tous les membres de ma famille sont en vie et n’ont pas disparu. Seul mon père est décédé, l’année dernière, mais c’était à Aix-en-Provence», explique, la voix serrée, Yvan Donnat, 66 ans et né en Algérie. Avant de lâcher, sonné : «Tout ça est très dur à vivre. Cette histoire a réveillé pas mal de douleurs.» Pour l’instant, il a d’ailleurs préféré ne pas en parler à sa sœur aînée, traumatisée par les violences subies en Algérie.

Disparition. Selon Yvan Donnat, cette erreur trouverait son origine en 1962. Lors de la guerre d’indépendance d’Algérie, ses parents Gaston et Liberté Donnat, ses deux sœurs, Joëlle et Colette, et son neveu Hervé, reviennent à Blida, où ils résident, après avoir rendu visite à un de leurs proches à Mostaganem. Ce dernier, inquiet de ne pas avoir de nouvelles à leur retour alors qu’ils lui en avaient promis, signale leur disparition aux autorités françaises.

Les Donnat, eux, ont juste oublié de le rappeler. «La Dépêche algérienne a ensuite fait paraître le 15 janvier un article pour dire qu’ils étaient disparus. Ce qui était faux, puisque j’avais réussi à les joindre. J’ai envoyé un démenti. Mais il semble que le ministre français des Affaires étrangères ne l’a jamais pris en compte», précise Yvan Donnat.

Une simple visite sur le site Internet du ministère suffit à vérifier que l’erreur figure toujours, plus de quarante ans après. En cliquant sur la «Liste des personnes disparues, décédées ou présumées décédées» en Algérie, pourtant modifiée il y a quelques jours, on trouve toujours le nom de Gaston Donnat et des quatre autres membres de sa famille.

Son fils dénonce aujourd’hui «une coresponsabilité» du maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy (UMP), et de l’association le Cercle algérianiste, à l’origine de la construction du mur. «Ils ont repris de fausses informations en utilisant, sans la vérifier, la liste du ministère des Affaires étrangères. Mon père a toujours été un humaniste et un militant anticolonialiste. Or, sur le mur, son nom, comme celui des autres membres de ma famille, est accolé à celui d’assassins de l’OAS. Tout ça est révoltant !» L’association le Cercle algérianiste s’en défend mais refuse de répondre aux questions de Libération. «Vos articles sont écrits à l’avance. Votre plume est tenue par la Ligue des droits de l’homme et le Mrap», lâche Thierry Rolando, président de l’association.

Quant au maire adjoint en charge de ce dossier, Jean-Marc Pujol, il affirme qu’il s’agit d’«une erreur des services de l’Etat. C’était une période troublée». Selon l’élu, la mairie de Perpignan n’est pas responsable : «C’est un mauvais procès qui nous est fait. Nous avions demandé au Cercle algérianiste qu’il utilise des sources officielles, ce qu’ils ont fait.» Avant de conclure : «Nous avons bien sûr obéi au souhait de la famille Donnat, et nous avons demandé au Cercle algérianiste qu’il efface leur nom.»

Préjudice. Les Donnat, eux, se réservent la possibilité d’engager des poursuites judiciaires pour réparation du préjudice moral subi. Yvan Donnat tiendra une conférence de presse vendredi à 11 heures, pour expliquer la teneur de sa décision. Sa mère, 90 ans, a décidé, elle aussi, de faire le déplacement.


Article publié dans le quotidien
 Libération, édition du 25 février, avec photo.

cf. Autres articles publiés dans la presse
par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Samedi 23 février 2008
undefinedARTICLE PUBLIE

Aux élections cantonales des 9 et 16 mars, UMP et PS vont se disputer une quinzaine de départements. La gauche détient 51 départements sur 100, outre-mer compris. Cette année, «la droite va renouveler 1 200 cantons contre 800 pour nous», commente Bruno Le Roux, secrétaire national du PS aux élections, qui se dit «plutôt confiant pour ce scrutin». La gauche lorgne la Charente-Maritime, l’Indre-et-Loire, le Lot-et-Garonne, les Deux-Sèvres, la Somme, l’Allier, la Corrèze et la Côte-d’Or. Et la Seine-Saint-Denis, aux mains du PCF. 

Pour Alain Marleix, chargé des élections à l’UMP, «la gauche est loin d’avoir gagné la partie» et «la droite est en mesure de reconquérir cinq ou six départements». La majorité regarde vers les Pyrénées-Orientales, le Territoire de Belfort, le Vaucluse, la Drôme, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne.

Article publié dans le quotidien 
Libération, édition  du 23 février.
cf. Autres articles publiés dans la presse
par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Mercredi 20 février 2008
undefinedARTICLE PUBLIE dans Libération

La délivrance est intervenue hier soir pour sept des neuf cuisiniers sans-papiers du restaurant de la Grande Armée, dans le XVe arrondissement de Paris, qui ont été régularisés. Cette décision est une des premières victoires enregistrées depuis la circulaire du 7 janvier qui permet aux employeurs de déposer dans les préfectures une demande de régularisation de leurs salariés sans-papiers. Hier, les représentants des salariés entendaient poursuivre leur mouvement de grève, qui dure depuis six jours, pour soutenir les deux derniers cuisiniers. L’annonce est tombée alors que les neuf sanspapiers patientaient depuis plusieurs heures dans ce restaurant chic. Mi-anxieux, mi-heureux, assis sur les banquettes de velours rouge, un casse-croûte à la main, suspendus au coup de téléphone de la préfecture.

Négociations. Retour en début de journée. Il est 9 h 30, quand, après un week-end d’intenses négociations, trois cuisiniers sont reçus par l’adjoint du préfet. Ils sont accompagnés de responsables de la CGT, de l’association Droits devant!! et de la direction de l’établissement. Les autres salariés attendent à l’intérieur du restaurant qu’ils occupent depuis mercredi soir. Partagés entre la satisfaction d’être reçus à la préfecture et l’inquiétude de se voir refuser leur titre de séjour.

A 10 heures, coup de théâtre à l’intérieur de l’établissement des frères Costes. Un leader de la CGT prend la parole : «En ce moment, trois camarades sont en voie de régularisation.» Salve d’applaudissements et cris de joie. Le visage des six cuisiniers s’illumine. «Les six qui sont là, vous devez les rejoindre en préfecture pour régulariser aussi votre situation.» Les «merci !» fusent. Certains s’embrassent, d’autres pleurent. Moussah, l’un des huit Maliens, passe la main sur la poche de sa veste en cuir noir : «Je sens les papiers. Je vais pouvoir marcher dans la rue normalement !», rit-il, les yeux brillants. Aboubakar, le seul Ivoirien du groupe, exulte : «Le cœur, il fait boum. Rien que d’entendre le mot régularisation, ça fait plaisir !» Les cuisiniers, qui ont laissé tomber leur habit de travail pour des vêtements de ville, se rendent à la préfecture. Des militants de la CGT et de l’association Droits devant!! restent occuper le restaurant, des provisions à portée de main. Le visage rosi par l’émotion, Stéphanie, qui doit épouser Mamadou en mars prochain, tripote son portable : «Je suis fière de lui et de tous les autres. Ils ont eu le courage de dire stop !»

Mijotés. A son retour de la réunion tripartite à la préfecture, le gérant du restaurant, Bruno Garcia, se refuse à tout commentaire. «Je suis dans le même état d’esprit qu’au début», indique-t-il laconiquement. Des odeurs de plats mijotés s’échappent des cuisines où continuent de travailler six Sri-Lankais. Les clients, nombreux, déjeunent tranquillement avec une musique jazzy en fond sonore. Ils sont séparés des cuisiniers grévistes par une simple banquette. 

Article publié dans Libération, édition du 19 février, avec photo.

cf. Autres articles publiés dans la presse
par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Dimanche 17 février 2008
Traité de Lisbonne : le contenuECLAIRAGE

Voic en quelques grandes lignes (avec AFP), le contenu du Traité de Lisbonne, dont le décret de ratification est déjà paru au Journal Officiel. L'objectif ? Faciliter la prise de décisions dans une Europe à 27.

Ce Traité a été adopté par le Parlement, en Congrès à Versailles et non par référendum, ce qui a soulevé de vives critiques alors que le non avait été majoritaire en France contre le projet de Constitution européenne en 2005.

Ce 4 février 2008, 181 élus ont voté contre (dont 121 au PS,44 PCF, 7 UMP; 2 députés Nouveay Centre, 1 sénateur RDSE, et 6 non inscrits). 152 parlementaires se sont abstenus; 560 ont voté pour la révision de la Constitution, préalable nécessaire à la ratification du Traité de Lisbonne.

On parle bien de Traité et non de Constitution.

Alors que le projet de Constitution, en 2005, remplaçait tous les traités par un texte unique, le nouveau traité amende les deux traités "fondateurs" (traité de Rome de 1957, traité de Maastricht en 1992). Il n'y a plus de mots pouvant assimiler l'UE à un Etat fédéral, comme "Constitution".

Il en est de même pour les symboles (drapeau, hymne, devise) mais dans la pratique ils devraient continuer à être utilisés. En effet, dans une déclaration jointe au traité, 16 pays ont affirmé leur attachement à ces symboles.


On trouve de nouveaux droits pour les citoyens. 

Le traité rend contraignants 54 articles de la Charte des droits fondamentaux. Ces 54 articles portent sur les droits du citoyen (liberté, égalité, droits économiques et sociaux). Contrairement au projet de Constitution,  le Traité ne reprend pas in extenso la Charte.

Un million de citoyens pourra désormais "inviter" la Commission européenne à "soumettre" une proposition législative. En clair : par une pétition, les citoyens peuvent peser sur les propositions de lois.
Quant aux
Parlements nationaux, ils pourront demander à la Commission de revoir une proposition si elle empiète sur leurs compétences.

Il devrait y avoir quelqu'un pour répondre au téléphone.

Le Traité devrait donc apporter une réponse à la célèbre boutade de Henry Kissinger, dans les années 1970, qui demandait quel était le numéro de téléphone de l'Europe.
Comme la Constitution, le traité instaure, au lieu d'une présidence tournante semestrielle, un président permanent du Conseil européen (qui rassemble les dirigeants européens) désigné par cette instance pour deux ans et demi.

Pour les conseils des ministres, la rotation se poursuivra (tous les six mois) dans tous les domaines : sauf affaires étrangères et sauf pour l'Eurogroupe (questions économiques).

Ce président, qui devrait être choisi fin 2008, devra représenter l'UE sans empiéter sur les pouvoirs renforcés du "Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité", actuellement Javier Solana. Ce dernier cumulera les fonctions de vice-président de la Commission européenne et coordonnera toute l'action extérieure de l'UE.

La Commission, qui fait les propositions législatives, comptera à partir de 2014 un nombre de commissaires égal à deux-tiers des Etats. Actuellement, chaque Etat a "son" commissaire...


La prise de décision devrait être facilitée.

Le champ des décisions prises à la majorité qualifiée (et non à l'unanimité... difficile à atteindre dans une Europe à 27) est étendu à une quarantaine de domaines, principalement la coopération judiciaire et policière.

L'unanimité demeure la règle pour politique étrangère, fiscalité, politique sociale ou révision des traités.

Une décision à la majorité qualifiée sera prise si elle obtient le soutien de 55% des Etats représentant 65% de la population de l'UE. En clair : si cette décision concerne à la fois une majorité de pays et une majorité de la population. Mais l'application de ce système a été différée à 2014, voire 2017 après un compromis avec la Pologne.

Le traité introduit de nouveaux objectifs

Il prévoit une politique commune de l'énergie et la lutte contre le réchauffement. Il reconnaît l'importance des services publics et introduit une "clause sociale".

La "concurrence non faussée", phrase polémique en France pendant la campagne référendaire de 2005, n'est plus un objectif mais un moyen nécessaire au bon fonctionnement du marché intérieur.

Le traité introduit la possibilité pour un pays de quitter l'Union dans des conditions à négocier avec ses partenaires.


 

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Dimanche 17 février 2008
Un Ex-SDF candidat dans la capitaleARTICLE PUBLIE dans Libération

"Cher David Martinon. Moi, Jean-Marc Restoux, ancien sans-domicile fixe, candidat à la mairie du VIè arrondissement, vous propose de vous accueillir sur ma liste. Vous ne trouverez aucun SArkozy."

C'est l'appel lancé par le candidat de la liste baptisée Un autre son de cloches, au porte-parole de l'Elysée, débarqué de la liste UMP à Neuilly. Jean-MArc Restoux, Bordelais de 54 ans qui a résidé dans la rue à Paris pendant vingt-sept ans, déposera sa vliste le 21 février.

"J'ai tous les colistiers", explique-t-il, sans confirmer la présence de o'écrivain Frédéric Beigbeder, un moment annocée. Avant d'ajouter : "Je compte bien faire plus qye 5 % aux électio rens."

Tous, les jours, l'ancien SDF qui a retrouvé un logement depuis un an, rejoint son "bureau de campagne", boulevard Saint-Germain, sur le trottoir entre  le Café de Flore et les Deux Magots. "C'est là où je fais la manche, mais j'aimerais que l'on me prête des locaux", précise-t-il.

Publié dans
Libération, édition samedi 16 - dimanche 17 février.

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par Marion Mourgue publié dans : Articles publiés
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Samedi 16 février 2008
LibérationARTICLE PUBLIE

Immigration. Salariés en CDI, 9 employés demandent leur régularisation à Paris.


«Je travaille ici depuis neuf ans. Mais c’est la première fois que je m’assieds sur cette banquette», sourit Tama, en passant la main sur les fauteuils de velours rouge. Depuis deux jours, ce cuisinier est en grève illimitée avec huit de ses collègues, sur les quatorze que compte le restaurant la Grande Armée, à cinquante mètres de l’Arc de triomphe à Paris. Tous salariés en CDI. Tous sans-papiers. Tous prêts à aller jusqu’au bout, pour obtenir leur régularisation et de meilleures conditions de travail.

Hier, la direction avait rendez-vous avec la préfecture. En sortant, elle a annoncé qu’elle «engagerait toutes les démarches légales pour la régularisation» de ses salariés. Une forme de victoire moins de vingt-quatre heures après le début du mouvement. Mercredi, à l’extérieur du restaurant, dans le XVIe arrondissement, des banderoles sont tendues devant les baies vitrées. A l’intérieur, l’ambiance est surréaliste. Dans cet établissement cossu, propriété des frères Costes, avec dorures et lumière tamisée, les clients déjeunent tranquillement. Imperturbables. A quelques centimètres d’eux, les cuisiniers répondent aux questions des journalistes. Huit Maliens et un Ivoirien, en habit de travail avec toque sur la tête, veste blanche et autocollants rouge de la CGT collés dessus. Soutenus dans leur mouvement par la centrale syndicale et l’association Droits devant.

Couverture. Tous expliquent avoir été embauchés avec de faux papiers, achetés plusieurs centaines d’euros. «En voyant ma carte, le chef cuistot a rigolé. Il m’a dit : c’est pas toi, ça !» explique Tama, aussi appelé Mamadou. Et pour cause. Le Malien recruté par le groupe dit avoir changé d’identité «à la demande du patron». La sécurité sociale venait d’envoyer une lettre, que le salarié a conservée, et sur laquelle on peut lire «Refus d’immatriculation».

Selon le code de la sécurité sociale, une personne de nationalité étrangère «en situation irrégulière» ne peut bénéficier de cette couverture sociale. «Le patron m’a dit : "Tu n’es pas fainéant. Si tu trouves d’autres papiers, je te réembauche. T’as qu’à prendre l’identité de ton frère ou de ton cousin !"» Tama devient Mamadou, et obtient un nouveau numéro de sécurité sociale. Comme ses huit collègues âgés de 24 à 33 ans, il cotise aussi pour la retraite, s’acquitte de ses impôts. Et reçoit chaque mois une feuille de paie.

A deux tables, un serveur apporte l’addition. Comment les clients peuvent-ils déjeuner si les cuisiniers ne travaillent pas ? «Il reste six Sri-Lankais dans les cuisines.» Des sans-papiers ? «A votre avis ?» lance Raymond Chauveau. Ce responsable de la CGT, qui a mené la lutte des salariés sans papiers de Buffalo Grill, ajoute : «Tous les cuisiniers ont été embauchés en connaissance de cause. Les frères Costes sont bourrés de tunes : ils embauchent une main-d’œuvre bon marché qu’ils exploitent honteusement.» Jean-Claude Amara, porte-parole de Droits devant, parle «d’esclavage des temps modernes». Le tout pour un salaire variable de 1 000 à 1 700 euros en «fonction de nos performances», commentent les cuisiniers désabusés. Comprendre : «Si on travaillait bien et si on ouvrait pas notre gueule

«Tout ça est faux ! s’insurge le gérant, Bruno Garcia, trentenaire en costume sans cravate, ils m’ont donné des papiers que j’ai transmis à la Sécu et à la préfecture et tout a été validé !» Sur le trottoir, trois cadres avec veste en velours, jean bleu et chaussures en daim sortent fumer une cigarette. «Ca me fait chier, tout ce bordel !», ronchonne l’un d’entre eux.

Goguenard. Vers 16 heures, mercredi, trois inspecteurs de l’Urssaf, prévenus par téléphone, débarquent dans le restaurant. La tension monte d’un cran quand un contrôleur s’impatiente de ne pas avoir accès au registre des salariés. «C’est vous qui me les amenez ?», demande-t-il au bras droit du gérant qui répond, goguenard : «Ils travaillent dessus !» L’inspecteur de l’Urssaf s’insurge : «Ça veut dire quoi ? Ils les mettent à jour ?» Un ange passe. Aussitôt, la direction les reçoit, avant de réunir dans la soirée les représentants des salariés. Hier, malgré l’espoir né du rendez-vous à la préfecture, les salariés s’apprêtaient à passer une deuxième nuit à la Grande Armée.

Article publié dans le quotidien Libération, vendredi 15 février, page 16. Avec photo.
 
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Livre politique

Le dernier livre politique lu :  «Le Président et Moi», par Philippe Ridet, Albin Michel, 236 pages, 17 €.

 
Ce livre qui se lit comme un roman, est truffé d'anecdotes sur Nicolas Sarkozy. A lire au plus vite pour celui qui veut essayer d'en savoir plus sur le personnage tel qu'il est en dehors des caméras.

Le journaliste du Monde, Philippe Ridet, décortique le personnage et la stratégie de Sarkozy. Tantôt drôle, souvent cassant voire méprisant, l'homme politique se met en scène au quotidien. Une mise en scène qui n'empêche pas une grande solitude.

Lire les autres chroniques de livres


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