Marion

Marion Mourgue

Mon projet ?

Proposer une information vérifiée sur la politique française à partir d'analyses personnelles. Articles, photos, vidéos... Autant de manières de revenir sur l'actualité.  Sans m'interdire de mettre en ligne les articles publiés, sur lesquels j'ai aimé travailler.


Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

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Mercredi 31 janvier 2007

La chaîne publique France 3 a proposé, lundi 29 janvier, une nouvelle émission politique : "Français, votez pour moi!". Selon le directeur général adjoint de la chaîne chargé de l'information Paul Nahon, cette première soirée dont le thème était "les valeurs de la France" devait servir à "confronter le discours des candidats à la réalité".

J'ai été déçue.

Le "débat participatif" - dans l'air du temps - est resté à l'état de concept.

Le principe de l'émission: quatre hommes et femmes politiques interrogés par la journaliste Audrey Pulvar et le chef du service politique de la rédaction de France 3, Jean-Michel Blier, devaient répondre à un panel de 13 téléspectateurs : 4 en plateau, 9 en région. Principe louable.

Pourtant, l'émission n'a pas décollé. Dans un décor compliqué aux couleurs criardes, les deux jounalistres n'ont rien proposé de nouveau. Le "débat" était classique, le discours calibré, la forme connue. 

Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDF de Drancy, Julien Dray, porte-parole du PS, Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy (UMP), et Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, ne débattaient pas avec les téléspectateurs. Ils exposaient le programme de leur candidat respectif.

 

Jean-Christophe LAGARDE
député-maire UDF de Drancy

Julien DRAY
porte-parole du PS
Patrick DEVEDJIAN
conseiller de Nicolas Sarkozy
Marine LE PEN
vice-présidente

  Le professeur de philosophie, à Nice, doit en garder un souvenir amer. Interpellant les hommes politiques sur la notion de "bien commun," Abdennour Bidar leur a demandé à chacun une définition. Pas de réponse. Patrick Devedjian qui est intervenu, a répondu à la question précédente. Et alors que les trois autres invités politiques n'avaient pas encore parlé, Audrey Pulvar a cru bon d'enchaîner sur le reportage suivant.

Curieux pour un débat participatif. Je suis restée sur ma faim. Et vous?

 

par Marion Mourgue publié dans : En bref!
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Mardi 23 janvier 2007

Le premier tour de la présidentielle est dans trois mois; il aura lieu le 22 avril 2007.

Trois mois c'est long. Un candidat peut s'effondrer, un autre peut sortir du lot. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy - les candidats actuellement en tête selon les sondages - pourraient se voir malmener par un challenger dans les semaines à venir.

Trois hommes peuvent faire basculer l'élection présidentielle: Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen et François Bayrou.

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Le président de la République a du mal à accepter l'idée que Nicolas Sarkozy puisse lui succéder à l'Elysée. Et il n'est pas absurde d'imaginer qu'il pourrait encourager ses troupes à voter en faveur de la candidate du PS pour faire perdre le patron de l'UMP.

Jacques Chirac l'a déjà fait en mai 1981 en appelant à voter contre son camp - soit pour François Miterrand - avec l'objectif de faire perdre Valéry Giscard d'Estaing. Ce dernier le raconte dans le tome III de ses Mémoires (le Pouvoir et la Vie, p. 466): «Je compose le numéro. Une voix féminine me répond : "Permanence de Jacques Chirac. A qui voulez-vous parler ?" Je déploie mon mouchoir sur l'appareil, dans l'illusion de rendre ma voix moins facilement reconnaissable. [...] Un déclic, puis une voix masculine, peu aimable. "Je voudrais savoir comment voter dimanche ?" A peine un temps mort. Il me répond tout de suite : "Il ne faut pas voter Giscard. On a dû vous le dire !" "Oui, oui, [...] mais [...] est-ce qu'il faut m'abstenir, ou mettre un bulletin blanc ?" "Il faut voter Mitterrand !"».

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Le deuxième "outsider" pourrait s'appeler Jean-Marie Le Pen. Rien n'exclue aujourd'hui que le président du FN  ne joue pas une nouvelle fois les les trouble-fêtes, après avoir été au second tour de l'élection présidentielle de 2002. A moins qu'il ne parvienne pas à obtenir les 500 parraniages nécessaires pour se présenter ou que le souvenir du 21 avril 2002 joue contre lui. Jean-Marie Le Pen avait rassemblé sur son nom un grand nombre de votes protestataires. La présence du leader de l'extrême droite,  il y a cinq ans, pourrait pousser les électeurs à voter "utile" dès le premier tour cette année.

 

Quant à François Bayrou, président de l'UDF, il pourrait créer la surprise et parvenir à rassembler sur son nom, les électeurs socialistes et gaullistes qui ne se reconnaissent ni en Ségolène Royal ni en Nicolas Sarkozy. Et séduire tous ceux qui ne veulent pas d'un jeu figé entre les deux grands partis politiques que sont le PS et l'UMP, sans pour autant se résoudre à voter pour les extrêmes.

Dans un sondage Ifop paru dans Paris-Match, le 18 janvier, François Bayrou est crédité de 12 % d'intentions de vote (+1); ce qui le place pour la première fois devant Jean-Marie Le Pen (10 %).

Trois mois, trois hommes, trois inconnues.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mardi 23 janvier 2007

Un malheur politique n'arrivant jamais seul, il semble que Ségolène Royal soit confrontée à la loi des séries, un mécanisme qu'elle vient elle-même de mettre en marche.

La candidate officielle du PS multiplie les déclarations à ou sur l'étranger, qui loin de créer un consensus, ont plutôt tendance à créer l'unanimité contre elle.

Ségolène Royal is the focus of fevered media...

La dernière sortie en date lundi 22 janvier, au QG du PS où interrogée sur ses "affinités avec la souveraineté du Québec" alors qu'elle recevait le chef du parti indépendantiste québécois André Boisclair, Ségolène  Royal a répondu : "Elles sont conformes aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec".  Avant d'ajouter: "je pense que le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français vont dans ce sens".


Télévision canadienne, TVA, le 23 janvier 2007.
Une sympathie inattendue pour la liberté du Québec qui a déclenché de vives réactions, au plus haut niveau au Canada. "L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays", a regretté le premier ministre Stephen Harper, par voie de communiqué.

"Nous nous attendons à ce que le prochain président comprenne l'histoire que nous partageons et le respect qu'un tel partenariat important exige à l'égard du Canada et de la population canadienne", a poursuivi Stephen Harper.

Le chef libéral Stéphane Dion, qui se trouvait à Québec, a lui aussi dénoncé vivement les propos de Ségolène Royal. "Ca nuit à sa crédibilité, elle ne comprend pas, je pense. On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami. Le Canada ne souhaite pas le démantèlement de la France; la France certainement ne souhaite pas le démantèlement du Canada", a dit Stéphane Dion.

                            Segolene2

Ces "sorties" de Ségolène Royal succèdent aux propos qu'elle a tenus lors de son voyage en Chine, en janvier dernier où elle a trouvé la justice du pays rapide et efficace. Dur à croire dans un pays qui est loin d'être exemplaire en matière des droits de l'Homme.

Et Last but not least, la polémique déclenché lors de sa tournée au Proche-Orient, où Ségolène Royal n'a pas réagi après que le représentant du Hezbollah, Ali Ammar, a comparé le 1er décembre 2006, la politique israélienne au nazisme: «Le nazisme qui a versé notre sang et qui a usurpé notre indépendance et notre souveraineté n’est pas moins mauvais que le nazisme qui a occupé la France».

Accusée de manquer d’expérience, voire de compétences, en matière de politique internationale, la  candidate socialiste à l’élection présidentielle avait à cœur de montrer qu’elle était capable de se rendre dans des régions politiquement sensibles et d’y rencontrer les interlocuteurs importants. Ségolène Royal a affirmé -ce que l’ambassadeur de France qui se trouvait avec elle, Bernard Emié, a confirmé- qu’elle n’avait pas entendu cette phrase.

Malgré ses bonnes intentions, ces trois polémiques pourraient se transformer en faux-pas poilitiques. D'ores et déjà, la "s(ég)olitude" a commencé au PS, où les prises de paroles de la candidate commencent à faire le vide autour d'elle.

 

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Lundi 22 janvier 2007

 

 

Dans son petit bureau envahi par les journaux, rue du Faubourg Saint Honoré, John Lichfield reçoit en toute simplicité. La soixantaine, des cheveux blancs, le correspondent du quotidien britannique The Independent, en poste à Paris depuis dix ans, laisse son fauteuil à son hôte. Et s’assoit à la place du visiteur.

Habitué à être interviewé et à s’entretenir avec des étudiants, le journaliste est mécaniquement aimable en répondant aux questions qu’on lui a déjà posées à maintes reprises. Pourtant quand une question l’intéresse particulièrement, son regard s’intensifie, son discours devient plus personnel, ses gestes se multiplient. La silhouette du journaliste, vêtu de gris des pieds à la tête, s’anime.

Manifestement passionné par la politique, il est à l’aise avec l’histoire et l’actualité des pays dans lesquels il a travaillé : Grande-Bretagne, Etats-Unis, Belgique, France. Et en mesure d’établir des passerelles entre les principaux hommes politiques pour mieux les décrypter.

 

A commencer par celle qui, en France, attire tous les regards : Ségolène Royal, qu’il se contente d’appeler par son prénom. Contrairement à ceux qui ont comparé la socialiste française au Premier ministre britannique, Tony Blair, le journaliste de The independent s’inscrit en faux. « Les gens la comparent à Blair mais ils sont différents. Blair a gravi les échelons à l’intérieur du parti, un parti qu’il a ensuite réformé. Ségolène a toujours été à la marge du parti ».

La candidate du PS lui rappelle davantage Bill Clinton, « pendant la campagne de 1992 », une campagne présidentielle qu’il avait suivie en tant que correspondant aux Etats-Unis. «Comme Clinton, Ségolène est parvenue à être choisie par les militants grâce aux sondages  qui l’ont rendu incontournables ».

Et si l’on garde l’exemple de la Grande-Bretagne, explique le journaliste, c’est avec David Cameron qu’il faudrait comparer Ségolène Royal. A l’image de la Française, le nouveau chef du Parti conservateur a fait le ménage au sein du parti. 

 

Franc-parler 

Son intérêt pour la politique française est constant au long de la conversation. Un intérêt qui s’explique tant par son amour pour la France où sa dernière fille est née et qu’il explore depuis des années pour ses articles ; que par l’« approche politique différente et rafraîchissante » qu’il trouve en Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Pourtant, s’il pouvait voter aux prochaines élections françaises, aucun des deux n’emporterait son suffrage. S’il a un moment apprécié le franc-parler du patron de l’UMP, il n’est plus convaincu que son élection « soit une bonne chose » car il lui paraît « un peu trop extrémiste et agressif ». Et le slogan de « rupture tranquille » lui paraît « absurde ».

L’éventualité d’une victoire de Ségolène Royal ne le satisfait pas non plus. « Elle serait une présidente désastreuse, à l’image de Chirac qui n’a jamais fait ce qu’il avait promis ».

 

Dans ces conditions, difficile pour John Lichfield d’imaginer quelles pourraient être les relations franco-britanniques. « Brown et Ségolène, ce serait horrible ; Brown-Sarkozy, peut-être ». Pour celui qui a longtemps écrit sur l’Europe, il manque surtout un personnage comme « Delors ou Mitterrand » capable d’insuffler à l’Europe une nouvelle dynamique.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Samedi 20 janvier 2007

Arnaud Monebourg est puni, Ségolène Royal a sévi.

Tout est parti d'une "boutade" sur le plateau du Grand Journal de Canal +, 17 janvier. Interrogé sur les défauts de Ségolène Royal, le porte-parole de la candidate socialiste a déclaré: "Son seul défaut, c'est son compagnon!". Stupéfaction sur le plateau. Arnaud Montebourg essaye de se rattraper et lance "C'était pour rire".


Le Grand Journal, Canal +, 17 janvier, images de LCI.

Trop tard, le mal est fait. La nouvelle se diffuse. Conscient de l'impact de ses propos au moment où la campagne de Ségolène Royal bat de l'aile, le député lui a présenté sa démission. La candidate du PS a préféré à une éviction, une "suspension d'un mois". "Quand le moment vient, explique Ségolène Royal, je rétablis de l'ordre juste (...) sans laisser passer un certain nombre de choses. J'ai mis un carton jaune".

Sitôt "suspendu", sitôt remplacé.

C'est Christine Taubira, ralliée à la candidate du PS, qui s'est vu proposer le poste de porte-parole. L'intéressée a refusé ce titre, au profit de " déléguée à l'expression républicaine".

Drôle de moeurs politiques. D'abord cette suspention rappelle plus une punition d'écoliers qu'une campagne présidentielle. Ensuite, cette situation risque d'engendrer une réelle cacophonie au sein du PS, et un manque de visibilité dans la campagne de Ségolène Royal. Si Taubira remplace Montebourg, on voit mal une nouvelle redistribution des rôles dans un mois, quand le député de Saône-et-Loire aura fini ses heures de colle.

Dire qu'en plus Arnaud Montebourg ne devait pas participer à l'émission de Canal +. Il avait été sollicité in extremis pour faire face à la sarkozyste, Nadine Morano. La député de Meurthe-et-Moselle qui s'est d'ailleurs empressée de relayer la "Montebourde", selon l'expression, qu'elle a utilisée.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Texte Libre

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