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Marion Mourgue

Mon projet ?

Proposer une information vérifiée sur la politique française à partir d'analyses personnelles. Articles, photos, vidéos... Autant de manières de revenir sur l'actualité.  Sans m'interdire de mettre en ligne les articles publiés, sur lesquels j'ai aimé travailler.


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Samedi 28 avril 2007

Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a créé l'événement. Et c'est un euphémisme que le dire. En terme de "bruit médiatique", comme disent les professionnels, la rencontre entre la numéro deux et le numéro trois du premier tour a tout écrasé. Il est vrai qu'un tel rendez-vous n'avait jamais eu lieu sous la Veme République, plus habituée à voir s'affronter dans l'entre-deux tours de la présidentielle, les deux finalistes du premier tour.

Mais ce débat, ou plutôt conversation ou "dialogue" pour reprendre l'expression de Ségolène Royal, a créé l'événement. Car, sur un ton courtois, deux responsables politiques ont su échanger leurs points de vue, en s'écoutant et en se répondant. Pour la première fois depuis longtemps, les citoyens ont pu assistez à un débat au sens littéral du terme : débattre, échanger, deviser. Une évolution des mentalités d'esprit qui marque une modernisation de la vie politique française, habituée ces dernières années aux logiques du "bloc contre bloc".

Il est vrai, qu'à une semaine du second tour, en France, l'exercice n'était pas exempt d'arrières-pensées. Pour Ségolène Royal, l'enjeu consistait à élargir son électoral. Pour François Bayrou, il s'agissait surtout de renforcer sa légitimité comme nouvel acteur durable du jeu politique. Et c'est également pour cette raison que le débat a créé l'événement. A partir du moment où la candidate du PS a accepté de débattre avec lui, elle a de facto reconnu la légitimité de son statut de chef des centristes.

Et last but not least, ce débat a créé l'événement parce que pendant une semaine, il a rythmé le tempo de la campagne présidentielle. Depuis son arrivée à la tête de l'UMP puis successivement aux ministères de l'Intérieur, sous le premier gouvernement Raffarin, de l'Economie, et à nouveau de l'Intérieur, dans l'équipe dirigée par D. de Villepin,  Nicolas Sarkozy a toujours mis un point d'honneur à occuper quotidiennement l'espace médiatique. Or cette semaine du mois d'avril 2007 lui a laissé peu de place dans les médias. Si ce n'est pour se prononcer sur le débat Royal / Bayrou.

 

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Vendredi 27 avril 2007

 

EMPLOI

Ségolène Royal : Suppression du contrat nouvelle embauche (CNE) instauré par le gouvernement de Dominique de Villepin ; Création d'une sécurité sociale professionnelle ; Revenu de solidarité active qui permettrait d'augmenter d'un tiers le revenu des RMIstes retrouvant une activité professionnelle ; Respect de la parité et de l'égalité hommes / femmes.

Nicolas Sarkozy : Négociation d'un contrat unique de travail ; Instauration d'une sécurité sociale professionnelle ; Un chômeur ne pourra pas refuser plus de deux offres d'emploi successives au risque de perdre ses allocations ; L'ANPE, l'UNEDIC et les Maisons de l'emploi seront réunies en un seul service public de l'emploi ; Atteindre le plein-emploi d'ici cinq ans ; Atteindre l'égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes d'ici 2010.

35 HEURES

S. Royal : Elargissement des 35 heures aux salariés des PME et puverture de négociations avec les partenaires sociaux pour en limiter les effets négatifs.

N. Sarkozy : Pas de remise en cause de la durée légale du travail mais exonération de charges sociales et d'impôt sur le revenu des heures supplémentaires.

PME

S. Royal : Remboursement pendant un an du salaire, charges comprises, versé à un jeune non qualifié qui serait embauché au sein de l'entreprise.

N. Sarkozy : Les sommes investies dans une PME seraient déduites de l'ISF, dans la limite de 50 000 euros.

FISCALITE (pour les entreprises)

S. Royal : Modulation de l'impôt sur les sociétés; Remboursement des aides publiques pour l'entreprise qui déciderait une délocalisation ; Aides publiques conditionnées à l'absence de licenciements en cas de "profits substantiels" de l'entreprise et modulées en fonction de la nature du contrat de travail et de l'exprosition de l'entreprise à la compétition internationale.

N. Sarkozy : Baisse de 5 points du taux de l'impôt sur les sociétés ; Modulation de cet impôt en fonction des emplois créés et des investissements réalisés ; Réforme de la taxe professionnelle ; Expérimentation d'une TVA sociale dans certains secteurs.

FISCALITE (pour les particuliers)

S. Royal : Stabilité des prélèvements obligatoires ; Révision à la hause des tranches les plus hautes de l'impôt sur le revenu; Suppression du bouclier fiscal ; Remise à plat de la fiscalité de l'assurance vie ; Aménagement de l'ISF pour tenir compte de l'inflation et du marché de l'immobilier.

N. Sarkozy : Baisse de 4 points des prélèvements obligatoires en dix ans ; Suppression des droits de succession pour 95 % des ménages ; Instauration d'un bouclier fiscal à 50 % des revenus en incluant dans le calcul la CSG et la CRDS ; Pour l'ISF, explorer la piste de l'exonération totale ou partielle de la résidence principale.

DETTE PUBLIQUE

S. Royal : Ne se prononce pas dans le Pacte présidentiel présenté à VIllepinte. Mais son équipe de campagne a précidé en février  qu'à l'horizon de 2012, l'endettement public serait ramené à 60 % du produit intérieur brut (contre 64,6 % aujourd'hui) et le déficit public serait réduit à 1 % du PIB (contre 2,7 % en 2006).

N. Sarkozy : Ramener la dette à 60 % du PIB en 2012 ; Réduction de 4 points des prélèvements obligatoires en dix ans.

RETRAITES

S. Royal : Réforme des régimes spéciaux (SNCF, RATP, industries gazières, mines, marins, clercs de notaires) via la négociation ; Augmentation immédiate de 5 % des plus petites retraites.

N. Sarkozy : Suppression des régimes spéciaux ; Augmentation des petites retraites du privé ; Le système général des retraites sera abordé en 2008.

DIALOGUE SOCIAL

S. Royal : Pas de remise en cause du droit de grève dans les transports et les services publics ; Promotion d'un syndicalisme de masse.

N. Sarkozy : Vote à bulletins secrets au bout de 8 jours de grève ; Service minimum instauré dans les transports par une loi votée dès le mois de juin.

FONCTION PUBLIQUE

S. Royal : Suppression des "doublons" entre la fonction publique d'Etat et la fonction publique territoriale.

N. Sarkozy : Non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

LOGEMENT

S. Royal : Revalorisation des allocations logement ; Mise en place d'un service public de la caution afin de faciliter les locations ; Construction de 120 000 logements sociaux par an.

N. Sarkozy : Déduction des intérêts d'emprunt immobilier de l'impôt sur le revenu ; Suppression de l'obligation de caution ou de dépôt de garantie pour les locataires.

SANTE

S. Royal : Création de dispensaires qui regrouperaient le personnel de santé en banlieues et en zones rurales ; Suppression du forfait de 1 euros par acte médical et du forfait de 18 euros ; Contraception gratuite pour les moins de 25 ans ; Sanctions contre les médecins qui refuseraient de soigner les bénéficiares de la CMU ; augmentation du budget consacré aux hôpitaux.

N. Sarkozy : Création de quatre franchises annuelles sur les dépenses en matière de consultations, d'examens biologiques, de médicaments et d'hospitalisation ; Amélioration du remboursement des soins dentaires et optiques ; Revalorisation des tarifs des médecins traitants ; Création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour les personnes âgées dépendantes ; Lancement d'un plan national contre la maladie Alzheimer.

JEUNES / EDUCATION

S. Royal : Création pour les jeunes de 500 000 "emplois tremplins" et pour les non qualifiés d'un "parcours première chance" ; Mise en oeuvre d'un "contrat première chance" pour les jeunes sortis du système solaire sans qualification ; Soutien scolaire gratuit pour tous les élèves ; Augmentation du budget consacré aux universités et à la recherche.

N. Sarkozy : Lancement d'un plan Marshall de formation des jeunes dans les quartiers difficiles ; Allocation formation pour les jeunes sous la forme d'un prêt à taux zéro remboursable pour les étudiants et sous la forme d'une allocation de recherche d'emploi pour les jeunes chômeurs ; augmentation du budget consacré à la recherche.

ENVIRONNEMENT

S. Royal :  Création d'un vice-ministre de l'Environnement ; Anticiper l’épuisement du pétrole en soutenant massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation en 2020 ; Lutter contre le changement climatique (Généraliser l’isolation et les économies d’énergie dans le logement, Développer les transports collectifs grâce à un prélèvement exceptionnel sur les superprofits des sociétés pétrolières) ; Appliquer le principe pollueur-payeur ; Conditionner les nouveaux permis de construire à l’adoption de normes de performance énergétique plus exigeantes ; Encourager les éco-industries par une TVA tendant vers zéro ; Arrêter les cultures OGM en plein champ ; Promouvoir la création d'une organisation mondiale de l'Environnement.

N. Sarkozy : Création d'un ministère du Développement durable ; Augmentation de la part des énergies renouvelables ; Renouvellement du parc nucléaire ; Création d'une fiscalité écologique ; Développement des transports en commun ; Investissements dans la recherche sur les technologies propres.

REFORME DE L'ETAT

S. Royal :  Instaurer le non cumul des mandats pour les parlementaires ; Introduire une part de proportionnelle ; Revaloriser le rôle du Parlement (le Premier ministre confiance du Parlement, le vote bloqué et le 49-3 seront supprimés ; La présidence des Commission des finances sera confiée à l'opposition) ; Supprimer le droit de veto du Sénat en matière constitutionnelle ; Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques ; Refuser toute remise en cause de la loi de 1905 sur l’Etat, et intégrer à la Constitution une charte de la Donner le droit de vote pour les élections locales régulièrement en France depuis plus de cinq ans.

N. Sarkozy  :  Défense de la Vème République ; Limitation du nombre de ministres à 15 ; Limitation du nombre de mandats présidentiels à deux ; Obligation pour le président de rendre des comptes devant le Parlement ; Parlement associé aux nominations aux postes les plus importants de l'Etat.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mercredi 25 avril 2007

Un débat aura bien lieu entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, mercredi 2 mai, comme le veut la tradition politique. 2002 aura donc été une exception.

Cette année, le débat sera animé par Patrick Poivre d'Arvor (TF1) et Arlette Chabot (France 2). On attend une audience record de 23 millions de téléspectateurs...

Petit rappel technique avant le 2 mai, pour nos deux finalistes: la France a 4 sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et 6 sous-marins nucléaires d'attaques.

On ne sait jamais... Si la question venait à être soulevée entre les deux candidats à la fonction présidentielle...

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mercredi 25 avril 2007

François Bayrou a annoncé, au cours d'une conférence de presse, qu'il ne donnera aucune consigne de vote à ses électeurs et qu'il créera un nouveau parti : le Parti démocrate.

"Le Parti démocrate proposera de refonder les institutions" (séparation des pouvoirs, rôle du Parlement renforcé, réforme de l'Etat, démocratie sociale), "de réformer le tissu social", "imposera l'égalité de traitement de tous les citoyens devant la loi", "réconciliera les Français avec l'Europe et l'Europe avec la France" et "défendra la démocratie".

Ce nouveau parti présentera des candidats à toutes les nouvelles élections, dès les législatives de juin prochain. "Nous avons devant nous un grand chemin parce que nous avons une grande espérance". Il a ajouté : "Je veux garantir aux Français qu'ils trouveront une politique politique forte capable de les représenter".

Les trois maux de la France

Au cours de cette conférence de presse, François Bayrou a expliqué pourquoi il n'appelait à voter ni pour Nicolas Sarkozy ni pour Ségolène Royal. En des termes sévères et sur un ton qui rappelait la campagne du premier tour, le président de l'UDF a mené la charge contre ses deux concurrents. "La France a trois problèmes principaux : démocratie malade, tissu social déchiré, manque de croissance (...). Le face à face Nicolas Sarkozy / Ségolène Royal risque d'aggraver l'un de ces trois maux".

S'en prenant tour à tour à l'un des deux finalistes du second tour, Françsoi Bayrou a distribué les bons et les mauvais points. Nicolas Sarkozy a "le goût de l'intimidation et de la menace". "Il risque d'aggraver le problème de la démocratie et les déchirures du tissu social". "Ségolène Royal paraît mieux intentionnée"  "mais son programme perpétuant l'illusion que c'est à l'Etat de s'occcuper de tout va en sens contraire des orientations nécessaires".

Enfin, le président de l'UDF a souligné que les  programmes proposés par le candidat de l'UMP comme par la candidate du PS risquaient d'aggraver le déficit publique et la dette de la France. "Dans les deux cas, sauf correstion forte, le second tour prépare une déception forte".

François Bayrou a ajouté qu'il acceptait de débattre avec Ségolène Royal comme avec Nicolas Sarkozy.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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Mercredi 25 avril 2007

François Bayrou fera connaître ses intentions pour le second tour, au cours d'une conférence de presse organisée à 15h30. Celui qui a rassemblée 18,57 % des suffrages au premier tour se voit courtiser, depuis dimanche soir, tant par Nicolas Sarkozy que par Ségolène Royal.

Pourtant, il semble peu probable que le candidat de l'UDF appelle ses élécteurs à choisir l'un des deux camps. Et ce pour trois raisons.

-Sa statégie - gagnante à en voir les résultats de 2007 par rapport à ceux de 2002 - a été construite sur une critique ferme de la gauche et de la droite. Il semble difficile aujourd'hui pour François Bayrou, après avoir répété qu'il n'appartenait ni à l'un ni à l'autre, d'en privilégier l'un des deux. Etre apparu comme le candidat de l'anti-système l'empêche aujourd'hui, justement, de se fondre dans le système politique bipartisan.

-François Bayrou veut continuer à exister politiquement. S'il veut être présent aux législatives de juin prochain et à la présidentielle de 2012, il lui faut cultiver ce nouvel espace politique. Si le centre disparaît, atomisé par la gauche ou la droite, la stratégie menée par François Bayrou depuis cinq ans pour se démarquer de l'UMP aura été vaine. Dans ce contexte, le président de l'UDF va tenter de faire fructifier son score du 22 avril 2007, en maintenant des candidats UDF aux législatives dans plus de 400 circonscriptions. L'UDF sera alors la troisième force politique, imposant des triangulaires aux candidats PS et UMP - un rôle autrefois joué par le FN.

-La plupart des 29 députés UDF a été élue avec les voix de la droite, il y a cinq ans. Et tous les sortants visent leur réélection. Ils chercheront donc à ménager la susceptibilité de l'UMP.

par Marion Mourgue publié dans : Eclairage
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