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Avant le départ prévu tout à l’heure à 15 h, les navigateurs ont préparé leur bateau. Au programme : vérification du voilier, briefing météo, courses et repos.
Sur le ponton du bassin Saint-Pierre, hier, la tension est montée d’un cran. Les Figaristes s’occupent des derniers préparatifs, avant le
départ prévu aujourd’hui à 15 h, au large de Ouistreham. Direction Crosshaven, en Irlande, à 415 milles. Pas question pourtant de se laisser déconcentrer. Les skippers ont l’esprit
absorbé par la première étape. « Je suis dans l’état d’esprit des gens qui préparaient le Débarquement, explique le Marseillais Jean-Paul Mouren. Je vais
tout donner dans la bataille. »
Photo Jean-Yves Desfoux pour Ouest
France
Au programme de la journée : l’apprentissage du tracé de la première étape. « Je dois préparer la navigation, explique Frédéric Duthil (cf Un skipper raconte la vie à bord d'un voilier). Le début de la course, c’est demain et avant ça, il
me reste quelques derniers préparatifs ». À commencer par le briefing météo organisé pour les 50 skippers. « Il est prévu relativement tôt à
17 h, indique Jean-François Bulot, ce qui signifie qu’il risque de durer longtemps. Les organisateurs nous donnent des précisions en terme de sécurité. Ils sont aussi
susceptibles d’annoncer des changements de parcours inopinés si le vent est trop faible. »
« La réalité de la mer tapageuse »
Sur ce point-là, le skipper bas-normand juge la situation avec optimisme. « Pour un amateur comme moi, sourit-il, c’est mieux de partir avec
une météorologie plus faible que celle de dimanche. Ça nous permet d’accéder à un meilleur classement ». Le skipper caennais se dit aussi « frustré » de ne pas avoir pu finir
le prologue, victime de la casse de son halebas de bôme. « Ça y est, tout est réparé mais j’étais triste de rentrer tout seul. La consolation, c’est de se dire qu’il valait mieux que ça
casse dimanche plutôt que ce mardi. »
Un sentiment partagé par Laurent Pellecuer, de Montpellier, qui s’apprête à plonger dans le port pour nettoyer son voilier, et par Jean-Paul Mouren, qui range son bateau « Dimanche, ça
m’a permis de vérifier ce qui n’allait pas. Tant qu’on casse quelque chose pendant le prologue, c’est du bonheur. C’est toujours ça de moins pour la suite », lance le premier.
« Ca m’a remis dans le bain, se réjouit le second. J’ai pu voir les lacunes et me replonger dans la réalité de la mer tapageuse. »
Robert Nagy est, quant à lui, beaucoup plus circonspect. « Pendant les prologues où il n’y a pas d’enjeu, on risque plus d’abîmer le bateau ». Ou l’homme. Au
large de Ouistreham, le skipper s’est en effet blessé au poignet, lors de la rupture de son palan de grand-voile. « Dimanche, le bateau et le skipper étaient prêts. Aujourd’hui, le
bateau est toujours prêt mais le skipper est un peu… », déclare-t-il sans finir sa phrase.
Six pommes et du jambon
« On n’a pas beaucoup de boulot, souligne le Parisien Didier Bouillard. Acheter six pommes, du jambon de Bayonne et coller les derniers autocollants ». Sur le
ponton, les provisions alimentaires s’entassent. Les skippers s’apprêtent à les charger. Les préparateurs sont sur le qui-vive. 50 skippers vont prendre le départ, même si trois d’entre
eux doivent piocher dans leur tirelire, n’ayant toujours pas de sponsor : le Britannique Nigel King, le Perrosien Etienne Svilarich, et le Malouin Quentin Le Nabour. « Je cherche
toujours mais là je n’y pense plus. Je suis dans la phase avant le départ, je préfère me concentrer sur la course, la météo et les derniers préparatifs », précise Quentin Le Nabour,
benjamin de la course.
Jean-Pierre Nicol est dans le même état d’esprit, même si lui a réussi à trouver des partenaires : « Je veux me concentrer et me préparer psychologiquement. Je vais
passer la journée en famille. Les derniers soutiens, avant la course, c’est aussi important. »
Article publié dans Ouest France, 31
juillet, avec photo de Jean-Yves Desfoux
Lire aussi : L'escale caennaise enchante les navigateurs
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photo Maxpp
Photo Reuters
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