L'Elysée, Nicolas Sarkozy y pense et « pas seulement en me rasant », répond-il le 20 novembre 2003, sur le plateau de "Cent minutes pour convaincre" (France 2). Le mot est lâché, il sera repris par tous les médias. Depuis, l'actuel ministre de l'Intérieur a cherché à se construire une image de présidentiable et devrais-je dire d'unique présidentiable. C'est là que le bât blesse.

Alors qu'une autoroute semblait tracer jusqu'en 2005 pour le mener à la victoire, sans concurrent direct, Nicolas Sarkozy a vu surgir une multitude d'embûches sur son chemin. La première : Ségolène Royal. Personne ne l'attendait ; pourtant elle a réussi à évincer les éléphants du PS de la course à l'investiture du parti, qu'elle a décrochée dès le premier tour. Et elle réussit - pour l'instant - un tour de force : c'est elle qui mène la danse politique. Nicolas Sarkozy est contraint de caler son calendrier sur celui de son adversaire.
Deuxième et de taille : le couple Chirac/Villepin. Affaibli certes, notamment après la crise du CPE, mais pas anéanti. Les sondages le prouvent. Petit à petit, les deux figures de l'exécutif gagnent quelques pourcentages. Et même si personne ne croit réellement à une troisième candidature de Jacques Chirac en 2007, le principal intéressé n'a toujours pas levé le voile sur ses intentions; fier de pouvoir garder prise sur le jeu politique actuel.

Dur! Dur! la famille politique : troisième embûche. Entre ceux qui ne veulent pas décrocher, ceux qui remontent dans les sondages, ceux qui ne tranchent pas - comme MAM candidate? - et ceux qui font un tabac auprès de l'opinion publique. J'ai nommé Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale. le baromètre mensuel IFOP / Paris Match, rendu public le 7 décembre, le plaçait en tête des personnalités de droite les plus appréciées des Français... devant Nicolas Sarkozy. Presque un crise de lèse-majesté.
Et le coprésident du Parti radical, associée à l'UMP depuis 2002, compte bien jouir de sa popularité pour monnayer son ralliement au candidat Sarkozy. "Sarkozy a intérêt à laisser aller quelqu'un sur sa gauche, donc au centre, surtout depuis l'intronisation de Ségolène Royal", conclut Jean-Louis Borloo, fier de "l'image sociale" dont il jouit dans la majorité et de la baisse du taux de chômage. Il est, selon les chiffres officiels, passé à 8,7 % (contre 8,8 % les mois précédents) en décembre, soit son plus bas niveau depuis juillet 2001.
Dernière embûche... les soutiens politiques.

Parfois plus encombrants qu'indispensables. Le chanteur Doc Gyneco a été condamné à payer une amende de 700 000 euros, dans le cadre d'un redressement fiscal. Johnny Hallyday s'exile en Suisse car il en "a marre de payer 70 % d'impôts". Quant à l'animateur Pascal Sevran, il a déclaré dans un interview à Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin, le 2 décembre : "L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète !"

Pas facile, cette fin d'année 2006.
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