L'ouverture : la stratégie politique de Sarkozy

Publié le par Marion Mourgue

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Le premier des mots politiques de l'année pour ouvrir cette série : l'ouverture, si chère à Nicolas Sarkozy. La règle du jeu du jeu est simple : il faut débaucher des grosses pointures de l'oppositon. Moins la proximité idéologique est grande entre le candidat visé et le président de la République, plus le "coup" est politiquement payant. L'idéal consiste donc à attirer l'un de ses plus irréductibles adversaires politiques ou à séduire un « symbole » d'un parti adverse. En clair : loin du coeur, près de moi.

Nicolas Sarkozy a d'ailleurs transformé cette règle en véritable stratégie politique depuis son accession à la tête de l'Etat, le 6 mai dernier. Elle doit devenir « le fil rouge » de son quinquennat, comme aime à le rappeler le président de la République. Pourquoi? Cette stratégie a deux avantages à court terme. Elle s'est montrée rentable jusqu'à présent en terme d'image et donc de popularité et elle permet de déstabiliser les autres partis en maintenant - notamment - les socialistes sous pression.

Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Fadela Amara, Jean-Marie Bockel... - la liste n'est pas exhaustive - ces socialistes ont tous été nommés à la tête de ministère ou de secrétariat d'Etat. Sur trente-deux membres, le gouvernement Fillon compte d'ailleurs six personnalités de gauche et trois personnalités du centre, (Hervé Morin à la Défense, Valérie Létard à la solidarité et André Santini à la fonction publique). Et  l’ouverture, c’est aussi Dominique Strauss-Kahn, candidat socialiste de la France pour le FMI (lire
DSK, le pion de Sarkozy?)ou Jack Lang, député PS et vice-président du Comité de réflexion sur la réforme des institutions… 

Sarkozy pratique l'ouverture - Dessin de DelizeTous drois réservés. Dessin de Delize


En six mois, l'ouverture est devenue une mode. L'UMP, plutôt réfractaire, a donc été priée de la mettre en place pour les élections municipales. Des listes mêlant des candidats de tous bords - souvent des ennemis d'hier - devront mener campagne ensemble dans les villes de plus de 30 000 habitants.

Nicolas Sarkozy compte, lui, sur sa stratégie d'ouverture pour passer sans encombre les rendez-vous électoraux du printemps. C'est sa trouvaille qui l'amuse et l'émerveille. Quant à L'UMP, elle espère ainsi conforter ses positions voire conquérir quelques bastions de gauche.

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