Le Grenelle : le "gros mot" de 2007

Publié le par Marion Mourgue

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Problème sous-jacent, Grenelle au tournant ! A voir la multitude de "Grenelle" ces derniers mois, on peut se demander si le terme ne s'est pas tranformé en formule miracle : Grenelle de l'environnement, Grenelle de l'insertion, Grenelle des centres, Grenelle de la fiscalité locale, Grenelle de l'audiovisuel... Ce mot est en passe de devenir, dans la classe politique, le seul synonyme pour désigner la concertation entre acteurs politiques, syndicaux, associatifs. Tous réunis pour débattre d'une grande cause. 

Le terme de Grenelle n'est pas nouveau. Il fait directement référence aux accords négociés, au ministère du Travail rue de Grenelle, les 25 et 26 mai 1968 entre le gouvernement Pompidou, les syndicats et les organsations patronales. Ces accords prévoient une augmentation de 25 % du SMIG et d'environ 10 % des salaires, ainsi qu'un temps de travail ramené à 40 heures par semaine. Pourtant, ces accords n'ont jamais été signés et le Grenelle d'orgine s'inscrivait dans un contexte radicalement différent : croissance économique, faible chômage, syndicats puissants... 

Qu'importe, l'image est restée comme synonyme de sortie de la crise. C'est un peu le mot magique, le sésame pour débloquer une situation bloquée. Celui qui l'utilise est donc rapidement accueilli avec bienveillance. Jusqu'à overdose du "mot Grenelle"?

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