Municipales : enjeu local ou national?

Publié le par Marion Mourgue

Municipales : enjeu local ou national?ECLAIRAGE

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre, François Fillon, ont décidé de "politiser" les municipales. Comprendre le résultat des élections municipales de mars prochain,
premier rendez-vous électoral depuis le printemps.

Le plan de bataille est d'ailleur prêt. Le 6 janvier, en visite aux Antilles, François FIllon, tout sourire, déclarait aux journalistes présents : "On va se partager les villes avec le président". Avec comme explication :  "Si on ne politise pas les municipales et qu'on les perd, on mettra la défaite au débit du gouvernement. Autant les politiser et essayer de garder les villes qu'on a , voire en conquérir quelques-unes".

Le couple de l'exécutif garde en tête les élections régionales de 2004 et la défaite de la droite. A cette époque, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait décidé de faire de ces élections "22 élections locales". Son premier ministre de l'Intérieur - Nicolas Sarkozy - n'avait pas manqué de lui faire remarquer qu'il se trompait.

Pourtant, en 2007, le contexte est différent. Les élections municipales ont davantage intéressé les Français que les élections régionales et ont toujours fonctionné sur des enjeux locaux. Les électeurs sont peu enclins à sacrifier un maire qu'ils apprécient, pour le seul fait d'envoyer un message à Paris. On a donc du mal à comprendre la stratégie de l'exécutif. Pourquoi jouer si gros et risquer une déconvenue politique?

Plutôt que le vote des Français, c'est donc la lecture des résultats qui aura une portée nationale. Or le président de la République et son premier ministre ont gros à perdre à ce jeu-là. Car en se mettant au centre de la campagne et du jeu politique de ces prochaines semaines, il leur sera difficile de renvoyer aux autres la responsabilité d'un éventuel échec.

En cas  de résultats médiocres de l'UMP en mars prochain, Nicolas Sarkozy n'en ressortira politiquement pas indemne. Le PS  l'attend d'ailleurs au tournant. Ségolène Royal,  invité du journal de France 2 samedi soir, l'a clairement annoncé: elle prend le chef de l'Etat au mot et accepte la politisation du scrutin. Pour mieux profiter de la victoire en cas de vague rose.

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