La machine sarkozyste se grippe

Publié le par Marion Mourgue

La machine Sarkozyste se grippeECLAIRAGE 

On sent depuis quelques jours comme un léger flottement dans la majorité. Une distance, un étonnement, même un agacement. Nicolas Sarkozy commence à déplaire. Une série de sondages soulignait déjà un changement de ton dans l'opinion. Selon un sondage CSA-Le Parisien/Aujourd'hui en France et i-Télé publié début janvier, la cote de popularité du locataire de l'Elysée perdait sept points : 48 % des Français interrogés déclaraient lui faire confiance contre 45 % exprimant leur méfiance. 

Cette semaine, on monte d'un cran. Une
enquête BVA–Orange-L’Express affirme qu'une majorité de Français (48 %) a une mauvaise opinion du chef de l'Etat contre 45 % de satisfaits. Il y a quelques mois, en septembre dernier, c'étaient 57 % des personnes interrogées qui avaient une bonne opinion. Le premier ministre, François Fillon, lui, remonte dans les sondages. En janvier, 43 % de personnes interrogées disaient avoir une bonne opinion de lui contre 41 % en décembre dernier.

La machine sarkozyste se grippe

C'est donc le président et le président seulement qui dévisse dans les sondages alors que les deux hommes appliquent la même politique. Huit mois après son élection, la "ferveur" s'est éteinte et le moral des ménages est retombé à son plus bas niveau depuis mai 2006.

Nicolas Sarkozy a déçu une partie des Français en créant des attentes et fait naître des espoirs auxquels il n'a pas répondu. Notamment sur le pouvoir d'achat. Celui qui déclarait pendant la campagne qu'il serait le président du pouvoir d'achat a fait volte-face. Lors de ses voeux à la presse, il a déclaré :  « Qu’est-ce que vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d’achat, c’est absurde ».

L'inquiétude se nourrit aussi de l'absence de ligne rouge et directrice forte. A trop insister sur le rythme et l'accélération des réformes en annonçant qu'il faut tout faire vite et en même temps sur une multitude de sujets, Nicolas Sarkozy donne le sentiment de vouloir occulter la question de fond, la nature de sa politique.

Quant à l'étalage de sa vie privée, elle paraît de plus en plus déplacée et hors de propos. Comme disait Pompidou : "Quand on accepte les honneurs de la fonction, il faut aussi accepter les inconvénients de la vie publique et renoncer à certains bonheurs personnels". Ou du moins s'accomoder d'une certaine discrétion.

Peut-être la raison pour laquelle le premier ministre au flegme si britannique séduit de plus en plus les Français.

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Marion 23/01/2008 17:22

Bonjour Annie,Après l'article du Monde, le journaliste en question, Jean-Luc Mano a démenti l'nformation. L'Elysée aussi."L'Elysée dément catégoriquement les informations du quotidien Le Monde daté du samedi 19 janvier 2008, indiquant que le Président de la République aurait sollicité les services de M. Jean-Luc Mano", indique un communiqué de l'Elysée.Par contre, si l'information se vérifiait dans les prochaines semaines, elle serait assez révélatrice des couacs dans la communication du président, ces dernières semaines. Presque un aveu d'échec.

annie 22/01/2008 21:23

Il parait que notre cher (très cher même) Président vient de s'offrir les services d'un "conseiller en stratégie", ... pour qu'il lui fasse une note sur ce qui ne marche pas dans sa communication et les façons d'y remédier" - voir Le Monde de ce 19 janvier...  Affligeante naïveté, doublée d'une inquiétante croyance à la toute puissance.