Rachida Dati: Campagne cosy à Paris

Publié le par Marion Mourgue

Rachida Dati: campagne cosy à ParisARTICLE PUBLIE dans Libération, sur les ministres en campagne.

Il est 19h30 passées ce 19 février. Rachida Dati, candidate UMP dans le VIIe arrondissement de Paris, participe à une réunion privée dans un appartement cossu du quartier des Invalides. Une quarantaine d’yeux braqués sur elle, la ministre de la Justice, dont c’est la première campagne, fait son entrée. Intimidée. Tous les présents sont trentenaires ou quadra. Costard-cravate pour ces messieurs, jupe élégante pour ces dames. Pas de talons ni de robe haute couture pour Rachida Dati. Quand la candidate UMP se lève pour prendre la parole, elle sort la langue de bois: «J’ai souhaité aller au contact du terrain et rejoindre l’équipe de campagne de Françoise de Panafieu pour faire gagner Paris.» 

Le discours est rodé. Rachida Dati enchaîne sur le programme, évoque «l’insécurité» et la «dégradation» du Champ de Mars, le manque de places en crèches, les retraites. Puis s’arrête. Se tourne vers le maire sortant, Michel Dumont: «Sinon, qu’est-ce qu’on a?» Réponse du numéro 2 de sa liste : «La fréquence des minibus.» La candidate reprend. L’assemblée écoute, attentive. Mais lui demande quatre fois si elle occupera le siège de maire, en cas de victoire. L’intéressée esquive : «Une fois l’élection passée, nous discuterons avec les colistiers du choix du maire.» 

En fait, ces dernières semaines, Dati a laissé entendre qu’elle pourrait être maire en cas de victoire. A propos des difficultés de la majorité, la candidate assure à son auditoire que «les Français nous disent de continuer les réformes». Pour elle, il n’y a aucune raison «d’être pessimiste»: «L es engagements sur le pouvoir d’achat ont été tenus, le rythme est tenu, les résultats sont tenus, dans un contexte international dégradé.» Les mauvais sondages du Président? «Ils ne sont pas défavorables sur la nécessité de réformer.Il fautarrêter ces attaques.»

Le 21 février, 10h45. Visite au pas de course du marché de Saxe, place de Breteuil. Veste en cuir rouge, Rachida Dati ne passe pas inaperçue. Les badauds la saluent pour sa «beauté et son courage». Ravie, la candidate se prête, hilare, au jeu des autographes. Aux trois quarts du parcours, elle s’arrête faire quelques courses. Avertie après l’épisode malheureux de David Martinon à Neuilly qui avait lancé aux commerçants, «ma femme a déjà fait les courses» , elle s’empresse d’acheter deux paquets de sablés au beurre. Le métier commence à entrer…

Publié dans le quotidien
 Libération, mercredi 27 février, avec photo.

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