Qu'est-ce que les partis politiques attendent des municipales?

Publié le par Marion Mourgue

Qu'est-ce que les partis politiques attendent des municipales?ECLAIRAGE

A quelques jours du premier tour des élections municipales, les partis politiques attendent les résultats de ce scrutin. Chacun avec sa stratégie, chacun avec sa propre lecture des résultats.

A l'UMP
Aux vues des derniers sondages, la majorité présidentielle attend, mi-inquiète, mi-résignée, un probable vote-sanction des électeurs. Un vote-sanction qui entrainerait de facto la perte de plusieurs villes et donc un rééquilibrage par rapport aux derniers résultats ds municipales de 2001. L’UMP croit beaucoup en Alain Juppé, bien placé à Bordeaux et qui pourrait être réélu dès le premier tour, un peu moins en Jean-Claude Gaudin à Marseille au coude-à-coude avec son challenger socialiste, Jean-Noël Guérini. Et la majorité compte bien obtenir aussi la présidence des communautés d’agglomérations de Lyon et de Lille. Mais le choix de soutenir trois listes "Gauche moderne" (à Mulhouse, Pau et Schiltigheim), 25 "Divers-droite", et 16 candidats Nouveau Centre (qui espère conserver Blois obtenu en 2001 contre Jack Lang, Issy-les-Moulineaux avec André Santini, Drancy et Annecy... où le NC sera opposé à l'UMP Pierre Hérisson) risque de compliquer un peu plus la lecture des résultats. Voire le choix des électeurs.

Au PS, les socialistes veulent faire des municipales un test national. Ségolène Royal l'a répété à plusieurs reprises et les déclarations deFrançois Hollande vont dans le même sens. Fin janvier, le premier secrétaire du parti François Hollande estimait que la gauche pouvait «prendre 30 villes» lors des élections municipales de mars, parmi lesquelles : Marseille, Strasbourg, Toulouse, Blois, Cahors, Rodez, Montauban, Quimper, Saint-Brieuc, Laval, Brive, Strasbourg... 
Le PS mise aussi beaucoup sur la répétition du scnéario de 2004, marqué par une vague rose aux régionales et aux cantonales, et sur la probabilité d'un vote-sanction de l’exécutif. Les socialistes guettent un effet de rattrapage par rapport aux municipales de 2001 : les conquêtes de Paris et Lyon n’avaient pas masqué la perte de 47 cités de plus de 20 000 habitants passées à droite. 

Le MoDem s'apprête à vivre ces premières élections municipales, en espérant ne pas être, comme aux législatives, "écrabouillé par le fait majoritaire" -, selon le mot du responsable aux élections, Éric Azière. La formation politique a enregistré 400 listes autonomes dans les villes de plus de 10 000 habitants, dont 160 dans celles de plus de 30 000 habitants. L'objectif du Modem: se constituer un réseau d’élus. Car il ne peut guère espérer gagner une ville, à l'exception de Pau où se présente François Bayrou, le président du Modem. Le parti risque de souffrir d'une absence de discipline interne au parti : selon les villes, le candidat est soit proche du PS, soit proche de l'UMP, soit foncièrement autonome.

Au PCF, l'objectif sera de sauvegarder quelques communes pour maintenir un communisme à l'échelon local. Aujourd'hui, les communistes gèrent 36 villes de plus de 20 000 habitants (800 mairies et 13 000 élus locaux communistes en France). Mais ils craignent de perdre certains de leurs bastions. Même si l’union avec le PS est renouvelée dans 80 % des listes, les deux alliés devront s’affronter à des endroits symboliques: la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le PCF pourrait par contre enregistrer un très bon score au Havre où le député PCF Daniel Paul pourrait l'emporter face ua maire UMP sortant, Antoine Rufenacht. 

Les Verts bénéficient généralement de bons scores aux municipales, ce qui leur permet une implantation locale (aujourd'hui 1800 élus pour 8200 adhérents).Cette année, ils pourraient enregistrer cependant des scores décevants notamment à Paris, gênés par le Modem crédité d'environ 10 % d'intentions de votes dans les derniers sondages. Dans la capital, les Verts avaient obtenu, en 2001, 12,35 % au 1er tour. Leur candidat, Denis Baupin, adjoint de Bertrand Delanoë, était crédité récemment par CSA (pour Paris-Obs) de... 5 %. Plus largement, les Verts pourraient subir l'effet d'un vote sanction adressé à la droite qui se traduirait par un vote des électeurs en faveur des listes socialistes dès le premier tour des municipales.

Le
FN joue-t-il sa survie? Financière, sûrement. Pour ces municipales, le parti de Jean-Marie Le Pen fonde quelques espoirs sur certaines villes, comme Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Noyon (Oise) et Cluses (Haute-Savoie). Et attend beaucoup des élections cantonales qui se déroulent le même jour que les municipales pour parvenir à améliorer son implantation locale, quelques mois à peine après des législatives où le FN n'avait pas réussi à passer le cap des 5% de suffrages.

Lutte ouvrière, qui a 30 élus sortants, participe dans 69 villes à des listes d’union avec les partis de gauche - 40 conduites par le PCF, 24 par le PS et 5 divers. Selon Arlette Laguiller, cette alliance est devenue possible car la gauche n’est pas au pouvoir. 

A l'inverse, Olivier Besancenot pour la LCR a refusé tout union avec les socialistes. La LCR présentera un peu plus de 150 listes et sera présente dans 36 des "37 villes de plus de 100 000 habitants", selon Olivier Besancenot.

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