Chaban, Fabius et Rocard en leur temps...

Publié le par Marion Mourgue

Le ParisienARTICLE PUBLIE dans le quotidien Le Parisien, édition du 6 mars

SOUS la Ve République, des écarts de popularité ont souvent été enregistrés entre le président de la République et son Premier ministre. Mais presque toujours en faveur du chef de l'Etat. A quelques rares exceptions près.

En juillet 1972, le président Pompidou contraint son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, à démissionner. Chef du gouvernement depuis 1969, il vient pourtant d'obtenir la confiance massive de l'Assemblée nationale. Il est remplacé à Matignon par Pierre Messmer, un gaulliste de la première heure, qui avait été ministre des Armées du général de Gaulle.

Mitterrand à 39 % en 1985

Treize ans plus tard, même scénario, cette fois-ci à gauche : François Mitterrand, élu à l'Elysée en 1981, enregistre en 1985 une cote de popularité inférieure d'une quinzaine de points à celle de son Premier ministre, Laurent Fabius, nommé en juillet 1984 après les grandes manifestations de défense de l'école privée. Selon un baromètre TNS Sofres pour « le Figaro Magazine », Mitterrand enregistre 39 % d'avis favorables en avril et mai 1985. Le Premier ministre, lui, oscille entre 57 % et 59 % de bonnes intentions. A partir de juin, il amorce une lente baisse dans les sondages alors que le président, lui, enregistre une hausse de sa cote de confiance. Les choses rentrent dans l'ordre, le Premier ministre est maintenu... jusqu'à la défaite de la gauche aux législatives de 1986.

Deux ans plus tard, François Mitterrand, réélu pour un second septennat, nomme Michel Rocard à Matignon, avant de s'en séparer en mai 1991. Rocard bénéficie pourtant d'une forte popularité dans l'opinion, avec une moyenne de 55 % à 60 % d'avis favorables. Mais le président Mitterrand ne le supporte plus et lui demande de laisser sa place à Edith Cresson.

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