La fin du Front national de Jean-Marie Le Pen

Publié le par Marion Mourgue

ECLAIRAGE

Le Front National de Jean-Marie Le Pen est-il en fin de course? Les dernières déclarations du président Jean-Marie Le Pen, dans un entretien au magazine "Bretons", ont conduit un certain nombre des membres du parti à espérer qu'une page se tourne. La page Jean-Marie qui approche des 80 ans. La fin de cette page pourrait conduire à la fin de l'histoire du FN.

Vendredi dernier, Le Pen
a réitéré ses propos sur les chambres à gaz, les qualifiant de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Une première fois en 1987, déjà, il avait assimilé les chambres à gaz à "un point de détail de l'histoire". En mars 1991, la cour d’appel de Versailles avait alors condamé le patron du FN à verser 100.000 francs (15.000 euros) de dommages et intérêts à neuf associations qui s’étaient portées parties civiles pour "banalisation de crimes contre l’humanité" et "consentement à l’horrible". En janvier 2005, dans l'hebdomadaire Rivarol, il avait ajouté que "l'occupation allemande (en France) n'a pas été particulièrement inhumaine", pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si Marine Le Pen, qui cherche à reprendre la tête du FN, a toujours pris ses distances avec les déclarations de son père,
la question se pose pourtant de la pérennité du parti. Le changement du leader suffira-t-il au mouvement pour se redresser? Rien n'est moin sûr. Car la multiplication de déclarations tonitruantes, ces dernières années, ont conduit faire fuir les militants... et les élus.

Décrédibilisé, sans argent - au point que Jean-Marie Le Pen vend sa voiture présidentielle sur e-bay
  et le "Paquebot", siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) - le mouvement d'extrême droite est confronté aujourd'hui à une pénurie de relais. Les derniers rendez-vous électoraux se sont transformés en véritable débâcle : 10,44% à la présidentielle, 4,29% aux législatives, déroute pour les rares listes aux municipales. Elles n'étaient présentes que dans 85 villes de plus de 10 000 habitants. Au premier tour, seules 17 de ces listes ont dépassé les 10 % de voix.

Même si le parti parvient encore à réunir quelques centaines de fidèles, il lui devient de plus en plus difficile de peser sur la scène politique. D'autant plus que Jean-Marie Le Pen n'a pas réussi à reprendre la main face à Nicolas Sarkozy qui a attiré à lui une part importante des électeurs du FN.

Demain, le traditionnel défilé du 1er mai s'annonce des plus difficiles pour le parti. D'ailleurs, cette année, le défilé a été revu à la baisse, faute de moyens et de soutiens.

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