PS : La guerre des candidats est déclarée

Publié le par Marion Mourgue

ECLAIRAGE

Le duel pour la direction du PS est lancé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Les deux ténors qui visent le poste de premier secrétaire au congrès de Novembre ont déclenché les hostilités sur le thème du "libéralisme".

Dans son livre paru le 22 mai, "De l'audace!", Bertrand Delanoë s'est proclamé "libéral et socialiste", soulignant son attachement à la défense et à la conquête des libertés. Ségolène Royal ne déclarait pas autre chose dans une interview accordée au Point, daté du 27 mars: "les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, l'autre nom de la démocratie, sont à gauche".

Pourtant, ces derniers jours, elle expliquait que
sa "conviction c’est qu’au XXIe siècle, être libéral et socialiste, c’est totalement incompatible". Avant d'enfoncer le clou, le 25 mai, sur Canal+. Selon elle, le mot libéralisme est "tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts, d’écrasement des bas salaires" et "de creusement des inégalités", qu’il n’est "pas possible d’aller le réhabiliter".

Des déclarations contradictoires qui ont semé le trouble au sein du parti socialiste. Pourquoi un tel revirement? La réponse est peut-être à trouver du côté du Premier secrétaire du PS. Dans sa tribune du 30 mai publiée dans le Monde, François Hollande a écrit: "Je sais aussi que l'unité (au sein du PS) est un combat, tant la propenseion aux querelles - parfois tactiquement récurrente - est entretenie".

Le mot
tactique est lâché. Il en appelle un autre: stratégie. Les deux socialistes savent qu'il n'y aura pas de salut pour le perdant. Ni Delanoë, 57 ans, ni Royal, 54 ans, ne veulent et ne peuvent se permettre de laisser passer leur chance à la prochaine présidentielle de 2012. Trop risqué en ces temps où le renouvellement des générations est réclamé par l'opinion publique. Par conséqunt, chacun cherche à inscrire sa candidature comme légitime et nécessaire.

Forte des 17 millions de voix obtenues au second tour de la présidentielle, il y a un an, Ségolène Royal n'a aucun intérêt à laisser s'installer la candidature de Delanoë, à attendre celle de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou François Hollande. Mais, ce faisant, elle accélère la virulence du front "anti-Royal".

Par conséquent, à moins de six mois du Congrès,
Ségolène Royal sait qu'elle doit parer les reproches récurrents qui lui sont adressés sur son absence d’esprit d’équipe. Pour Bertrand Delanoë, l'enjeu consiste à crédibiliser une candidature « constructive », sans apparaître comme un simple barrage.


Publié dans Eclairage

Commenter cet article