35 heures: le débat s'invite à l'Assemblée nationale

Publié le par Marion Mourgue

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Le débat à l'Assemblée nationale s'est principalement porté, ce mardi, sur deux questions : celle de la représentativité syndicale et celle du temps de travail. Les représentants des organisations patronales et syndicales - Medef, CGPME, CGT et CFDT - sont d'ailleurs venues en parler, ce matin, devant les députés UMP.

A l'issue de leur réunion, syndicats et députés étaient unanimes pour souligner la qualité du débat. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, appelait même à construire un lien durable "entre démocratie politique et démocratie sociale".

Le mieux dans le meilleur des mondes? Oui pour la question de la représentativité syndicale, qui constitue le premier point du projet de loi du gouvernement présenté en Conseil des ministres, la semaine prochaine. Le second point, en revanche, cristallise les tensions. En ligne de mire: la durée du temps de travail, c'est-à-dire les 35 heures.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand ne cache pas que le gouvernement veut "aller plus loin" que les partenaires sociaux "pour simplifier légalement les choses" sur le temps de travail.
"Sur la partie représentativité, financement, il y a un accord entre les partenaires sociaux (...); sur le temps de travail, nous avons aussi le droit de ne pas être d'accord sur tout", a indiqué Xavier Bertrand, estimant qu'il fallait "assumer les divergences" sur cette question. "Nous disons très clairement: nous voulons aller plus loin pour simplifier légalement les choses".

Avant de rappeler que pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait répété qu'il voulait "garder la durée légale du travail à 35 heures", "essentiel pour mieux payer les heures supplémentaires à partir de la 35e heure", tout en sortant de ce "carcan". Il a aussi expliqué que
"tout accord dans les entreprises sur le temps de travail, il faudra un accord des salariés et des représentants des salariés" et qu'un chef d'entreprise n'aura "pas de possibilité de changer les choses tout seul". Avant de conclure: "Nous l'avons dit depuis un an et demi, personne n'est pris par surprise".

Le ministre a répété qu'il était inutile de dissocier cette question de celle de la représentativité syndicale car cela "retarderait l'examen d'un des textes", comme l'avait demandé le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque.

Dans les couloirs de l'Assemblée, Bernard Thibault (CGT), lui, exprimait sa colère. Il disait, en sublstance: Le gouvernement nous dit de négocier. Et on s'aperçoit que si le résultat de la négociation lui convient, il la reprend. Sinon, il applique sa propre conclusion. Avant d'ajouter: "Si nous négocions avec le revolver sur la tempe, c'est l'indépendence des syndicats qu iest en jeu. C'est la première fois qu'un texte de loi impose la date d'un nouveau conflit social", prévu la semaine prochaine.

Le désaccord entre organisations salariales et la majorité pourrait s'accroître. Jean-François Copé
, en tant que président du groupe UMP de l'Assemblée, a assuré le gouvernement du plein soutien de la majorité sur cette question, car "il y a urgence à avancer pour trouver les mesures permettant d'aller chercher un point de croissance et le plein emploi. Les 35 heures ont fait beaucoup de mal à notre pays".

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