1er tour des municipales : victoire de la gauche sans défaite de la droite

Publié le par Marion Mourgue

1er tour des municipales : victoire de la gauche sans défaite de la droiteECLAIRAGE

Après le premier tour des élections municipales, deux observations se dégagent :

- la gauche enregistre de belles victoires, la droite n'a pas perdu
- ce premier tour a mélangé scrutin local et sanction nationale.


Comme les sondages de ces dernières semaines pouvaient le laisser entrevoir, le 1er tour des élections municipales s’est soldé, dimanche 9 mars, comme par une victoire de la gauche (47 % contre 45 % selon les chiffres du ministère de l’Intérieur). Pourtant, cette victoire de la gauche ne s'accompagne pas d'une défaite de la droite : bien au contraire elle a résisté dans de nombreuses villes et a réussi quelques victoires symboliques comme Bordeaux (Gironde), au Puy-en-Velay (Haute-Loire) ou à Chaumont (Haute-Marne). Là, on pouvait s'attendre à un vote-sanction, les considérations locales l'ont emporté.

La majorité présidentielle est donc sortie victorieuse dès le premier tour dans ses fiefs de Toulon, Troyes, Epinal et Meaux. Le PS quant à lui a conservé, haut la main, Lyon, Dijon, Nantes, Le Mans, Poitiers, Cherbourg, La Rochelle et a acquis une confortable avance à Paris ou Lille. Le Parti socialiste est aussi très bien placé pour l’emporter dimanche 16 mars à Strasbourg et Caen, deux villes aujourd'hui gouvernées par l'UMP.

Dans un grand nombre des 36 782 communes, il y a aura dimanche prochain un second tour. Rien n'est donc fait, les électeurs peuvent très bien décider de corriger le tir, ce qui arrive souvent. L’UMP évitera de prendre une grande claque nationale si elle parvient à conserver Marseille et Toulouse. 

L'Elysée, qui redoutait un vote-sanction, est satisfait de voir que la quasi-totalité de ses ministres candidats l’ont emporté dès dimanche soir, ou sont en passe de l'emporter dans cinq jours. Quelques-uns comme Xaviers Darcos (Education) à Périgueux, ou Christine Albanel (Culture) et Christine (Lagarde) respectivement candidates en deuxième position sur les têtes de listes UMP à Paris ont enregistré un sérieux revers. 

Les alliances, notamment avec le MoDem, seront décisives quand les candidats du second tour sont au coude-à-coude comme à Marseille, à Paris (Vè, VIIè, XIVè), Saint-Etienne, Toulouse... Le MoDem est susceptible de se maintenir dans 37 villes de plus de 30000 habitants.

A l'issue du second tour, on devrait donc s'acheminer vers un partage du pouvoir : l'UMP à l'Elysée et à Matignon ainsi que dans les petites communes, le PS à l'échelon intermédiaire. D'autant plus qu'avec les élections cantonales, les socialistes qui détiennent déjà 51 départements sur 100 sont en passe d'emporter l'Allier, la Corrèze et le Lot-et-Garonne.

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