ECLAIRAGE
Nicolas Sarkozy a décidé d'envoyer régulièrement son Premier ministre, François Fillon, à l'étranger. Un calcul
politique, qui dans l'esprit du chef de l'Etat, doit lui permettre d'occuper seul le terrain en France en écartant son principal "collaborateur".
Jeudi et vendredi derniers, François Fillon était à Washington, pour une "visite de travail" centrée principalement sur les questions
économiques avec trois rencontres importantes : le patron de la Banque centrale américain (Fed), Ben Bernanke, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson et le dîner de gala du comité des Américains
juifs (American Jewish Committee, AJC).
Cette semaine, Fillon se rendra à Malte et Chypre pour préparer la présidence française de l'Union européenne qui commence le 1er
juillet prochain. La semaine prochaine, le 16 mai, il représentera le chef de l'Etat à Lima pour un sommet UE-Amérique latine. Un voyage express encore imposé par l'Elysée.
Ces déplacements, loin de ravir le Premier ministre qui rappelle que son agenda n'est pas extensible, pourraient lui être
politiquement bénéfiques. Sarkozy se place lui-même dans le rôle d'un chef de gouvernement concentré sur les questions
nationales, laissant de facto à son premier ministre la scène internationale. Une scène internationale bien utile pour se
forger une stature de présidentiable.
A trop vouloir écarter Fillon de la scène française,
Sarkozy risque donc de le transformer en principal rival politique pour les années à venir. Le calcul politique du court terme pourrait à long terme se révéler très coûteux pour Nicolas
Sarkozy.
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